www.sagessedurire.org

Rapport de Conférence:


   Premier Symposium Européen Rire et Santé 
   
   le 4 juillet 2004

Textes des conférenciers

Avec l’aimable participation de

Dr. Madan Kataria – Inde - www.laughteryoga.org
Dr. Henri Rubinstein – France
Dr. Tal Schaller - France – - www.santeglobale.info
Abraham Cohen Solal - France – www.develperso.com
Dr. Roland Schutzbach - Suisse – www.hahahahaha.org

Ce premier Symposium Rire et Santé est organisé par
Pirouette
et Corinne Cosseron de ,
dans le cadre du 1er Rassemblement International des Rieurs
qui s'est déroulé à Frontignan, France, du 2 au 10 Juillet 2004.

Sommaire

Interview du Dr. Kataria
                           Dr. Madan Kataria

L'état du rire en France
                          Corinne Cosseron

Récit du témoignage de France Mondor
                          Discussion sur le thème "rire et souffrance"

Rire et vieillissement
                          Dr. Rubinstein

Développement personnel et Clown:
                      le Jeu du "JE" ou le but du "JE"

                          Abraham Cohen Solal
                          
Rire en tant que philosophie de vie
                          Roland Schutzbach

Rire et Spectacle
                          
Dr. Tal Schaller


Modérateur    : Pirouette - Suisse -


Droits d’auteur : les textes appartiennent à leur auteur

 

Pirouette avec sa double formation de physicien et d'animateur, intervient en tant que consultant en communication dans les entreprises et le social. Il a fondé en 2000 l’association Karaclown (karaclown.ch) et en 2003 le Club de Rire Genève (clubderire.ch). Il est l’initiateur des méthodologies COMMUNICATION PLAISIR© pour entreprises et instituts, RIRE PRIMAL© pour les thérapeutes, ainsi que du projet le 4ème RIRE pour les maisons de retraite.

www.laughatwork.ch     

Vent d’ouverture

Le rire est la plus sublime manifestation du plaisir. C'est une très ancienne fonctionnalité de notre corps dont nous avons perdu la trace des premières apparitions. Seraient-ce des femmes et des hommes hilarants qui ont peint les grottes de Lascaux ? Impossible de le savoir. On s'interroge encore aujourd'hui sur le rôle de cette étrange convulsion diaphragmatique dans la survie de notre espèce. Si elle a traversé sans encombre des milliers d’années de sélection naturelle, elle nous est donc vitale, au moins pour ces prochains siècles. Qui s’en plaindrait ? En effet, l’humanité en guerre tombe d’accord sur un point : nous aimons tous nous bidonner ! Tant de subtiles et agréables sensations nous parcourent à la vue et à l’ouïe d'un simple rire. Bien plus qu'un petit agrément sporadique, certains le considèrent comme un précieux plaisir qui prolonge la vie des plus hilares d’entre nous. Le rire conserverait. Reste à le conserver lui, dans un monde qui porte de moins en moins à rire, même si paradoxalement, on s’y moque de tout.

Oserions-nous étudier cette ressource pour mieux comprendre son mécanisme, à dessein de favoriser sa venue quand elle se fait désirer ? Rire au lieu de se prendre la tête pour des détails. Faire de l’humour pour relativiser un problème. S’esclaffer pour s’offrire un shoot, savant mélange d’endorphines, d’adrénaline, de cortisone et autres stimulants, calmant la souffrance physique ou psychique. Considérer l’hilarité comme un moyen de communication à part entière avec sa fréquence, son timbre, son mode de transmission et ses pouvoirs d’unification et, sans rire, d’exclusion par la moquerie.

Le pari est fou, voire indécent : analyser au risque de saboter le charme des faciès qui s’embrasent. Chercher à appréhender cette expression d’allégresse si naturelle, en menaçant sa poésie. Etre à l’affût d’une mimique qui, jusqu’à présent, a réchappé aux planches de dissection des comportements humains. Et peut être le plus outrageant, lire dans la gaieté des autres pour interpréter comme un voyeur analytique l’humeur qui s’y cache. « Je me demande si cette façon de rire ne couve pas une dépression ? ».

Le rire est mystérieux, fragile, intime ... comment l’aborder sans le dénaturer ?

Essayez d’expliquer à un rieur la raison de ses convulsions rythmées, et il surveillera sa prochaine tempête abdominale. Faites un commentaire sur le timbre de son gloussement et il aura la sensation que vous avez mis votre doigt dans l'intimité de ses tripes. Et enfin, tentez de l’imiter pendant qu’il rigole, ses zygomatiques s'effondreront instantanément. On ne se moque pas du rire ! Le chant de nos entrailles n’aime pas s’exposer à la lumière de la raison ou pire, de la dérision. Il est à nous ce chatouillis intime qui a la vertu de nous éloigner de la morne réalité par bouffées successives. L’humour, oui ! Mais rire du rire, transgresser la transgression, non ! Combien de partisans de l’humour sont sortis désorientés d’une séance de yoga du rire, avec les zygomatiques en compote. Plus fort que l’époque dadaïste où on utilisait le comique et la dérision comme bras de levier pour tenter de renverser l’ordre social. Ici, c’est la dynamique même du rire qui est expérimentée, mais à but opposé: mieux vivre dans l’ordre établi avec son rire comme bouée de sauvetage. Aux philosophes et sociologues d’y voir clair pour autant qu’ils osent s’immerger une heure dans un club de rire.

Tâche ardue pour les plus inhibés. Qui s’aventurerait à exposer son rire en toute simplicité et sans humour au projecteur d’une autorité ? A supposé qu’elle aura la sagesse de ne pas juger la danse de vos zygomatique, vous serez malgré tout remarqué. Mais voilà, notre époque avec ses voyeurs, nous nous en méfions. Le culte du corps et les standards de beauté ont créé dans notre tête un policier à l’affût du moindre écart au savoir-paraître. Plus notre société se raffine, plus nous pourchassons en détail les imperfections de notre corps et nos anomalies comportementales. Etre sur ses gardes devient un mode de vie. Face au miroir, nous suivons la progression d’une ride que nous avons identifiée comme responsable de nos déboires sentimentaux. Pendant un entretien, nous épions notre posture, nous nous voyons regarder, nous nous écoutons parler, souvent plus sévèrement que notre interlocuteur. L’autosurveillance des apparences est le meilleur garant d’une intégration sociale réussie, d’un bon salaire. Alors nous luttons avec notre extérieur. Dans cette bataille, notre visage avec ses mouvements stratégiques est le premier à être exposé.

Votre sourire, délicate flexion de vos lèvres est déjà passé à la moulinette. Comment souriez-vous au travail ? Mimique forcée sur un visage morne ou authentique sous des yeux pétillants ? Allez-y, un sourire ne coûte rien ! Les autres l’attendent et en redemandent. On n’aime pas les rabat-joie qui s’affichent dans les groupes. Dans cette tyrannie de la convivialité, ceux qui plient l’hyperbole des lèvres sous le poids des problèmes sont des battants. Ils savent faire bonne figure dans le stress, quitte à brûler toute leur énergie de la journée pour les autres.

Voulons-nous faire subire au rire le même traitement socialisant? Imaginons-nous au travail à forcer nos zygomatiques sur chaque plaisanterie douteuse d’un collaborateur ? Alors que nous savons placarder sans trop de difficulté un petit sourire figé, il est plus ardu de libérer régulièrement des rires jaunes ou blanc sans en être écœuré. L’énergie à déployer est, certes, bien supérieure à celle du sourire. La pression de l’entourage, par contre, est la même. L’historien Georges Minois le rappèle : «Il faut rire avec les rieurs comme on hurle avec les loups». Ne pas rire dans un groupe en hilarité s’est s’exposer à l’exclusion.

« Eh ! Ça te fait pas rire ? Qu’est-ce qui t’arrive ? »
« Rien, je suis bien comme ça !» avec un léger sourire forcé
« Alors pourquoi tu ris pas ? »
« Ben alors fais-moi rire ! » Le sourire est tombé.

Qui aurait l’impertinence de rééduquer notre rire ? Il va de soi. Chacun l’a sous une forme authentique, de l’expression muette du plaisir, au gros aboiement la mâchoire désaxée, en passant par le petit gloussement en cul de poule. Laissons-le naturel. Ne cherchons pas à le stimuler. D’ailleurs, nous vivons une époque humoristique. Tous les supports sont là pour s’étourdir, se fendre la poire : TV, internet, radio, journaux, BD, spectacles. Le rire décliné dans sa version commerciale se porte à merveille et nous agrémente la vie pour notre plus grand plaisir.

Baissons à présent le volume des foules en fête pour faire entendre une voix intérieure: riez-vous dans votre vie de couple avec votre partenaire, en famille avec vos enfants, au travail avec vos collaborateurs ?

Il y a là un mode d’échange à des spasmes-lumière du rire audiovisuel. Un jour, j’ai eu envie de lui donner un nom pour le distinguer, favoriser son retour au grand jour, tant il me paraissait vital dans les relations humaines : le rire relationnel.

C’est celui qui est déclenché sans intermédiaire technologique et sans l’aide d’artistes professionnels.

Il semblerait que cette source de bien-être ne cesse de s’appauvrir depuis le milieu du 20ème siècle. Peut-être est-ce dû à la montée de l’individualisme, à l’interfaçage par la technologie de la communication humaine. A l’abri dans nos 4 murs, derrière notre écran, nous consacrerions moins de temps aux discussions informelles en tête-à-tête, situations propices aux rires partagés.

Il y aurait aussi le rythme des nouvelles méthodes de travail et la précarité des postes. La communication en milieu professionnel se veut fonctionnelle, performante. S’amuser, s’égayer dans les dossiers: pas le temps ! Or, la plus grande partie de journée est vécue au bureau. Et c’est la lente dégringolade : moins nous rions dans la journée, moins souvent notre physiologie du rire est sollicitée, moins nous sommes sensibles aux stimulations qui font rire. Ainsi, on devient difficile en humour et muet dans les rires de contagion. Grise-mine en fin de parcours. Ce processus est malheureusement similaire pour les enfants plongés dans un contexte familial où les rires sont rares autour des repas, ainsi que dans les activités pédagogiques.

Autre facteur chez l’adulte: dans l’ambiance de stress et de compétition, ce sont les rires jaunes qui se font toujours plus souvent entendre. En effet sous la pression, on n’hésite pas à user de moqueries, sarcasmes et autres harcèlements par l’humour afin de se profiler sous le couvert de la convivialité. Le mobbing par le rire reste encore à découvrir. En voici un avant-goût amère: si la victime se défend d’une vanne, la rétorque du harceleur est classique « Mais Madame, vous ne comprenez pas la plaisanterie ! Il faut un peu rire pour se détendre !» C’est comme dans les sables mouvants, plus on se débat, plus on s’enfonce. Allez après expliquer aux DRH les subtilités de l’humour, hahaha !

Non, aujourd’hui le rire chaud, détendu qui agrémente les rapports informels ne va plus de soi. Il y a mal-être dans les turbulences sociales. Les généreuses convulsions deviennent gargouillis stomacaux crispés. A présent, le rire est transit sous la loupe du corps médical, des thérapeutes et des spécialistes de la communication. Mesures d’urgence : on a commencé à le revigorer dans les clubs de rire et écoles de clown orienté développement personnel.

Les premiers résultats montrent un tableau plutôt pessimiste de l’état de santé de ce rire relationnel mais les espoirs sont stimulants. Oui, le rire peut se développer pour être déclenché plus facilement, pour qu’à chaque bouffée il vitalise notre quotidien, dope notre tonus, nourrit notre univers relationnel. Oui, ses effets sur la santé ont été largement sous-estimés. Rigoler est en fait une véritable fête pour le corps avec son feu d’artifice d’hormones bienfaisantes, son rythme cardiaque enjoué, ses spasmes musculaires, mini-extases à répétition. A présent vous comprenez pourquoi les femmes rient davantage que les hommes (stop ! C’est une blague).

Fixons deux repères historiques. A partir des années 80, une première vague de pionniers ont oeuvré dans le monde à réhabiliter la fonction hilarante et mettre en évidence ses effets sur l’organisme. Médecins, formateurs, clowns, humoristes, c’étaient les brises-glaces qui a coup d’ouvrages, de séminaires et de conférences ont élevé le rire à la hauteur d’une ressource personnelle et relationnelle. Actions plutôt marginales souvent dénigrées par les médias. Il faudra attendre les années 2000 avec le fantastique essor des clubs de rire pour que les journalistes, intrigués, alerte le publique. A partir de là, se sont enchaînées prises de conscience et interrogations. «J’ai réalisé que je ne riais pas assez » « Je ne rie plus avec mon partenaire » « Est-ce que je peux venir rire avec vous ? Attention, je suis dépressif !» « Comment m’amuser avec mes enfants sans perdre mon autorité ? » « Qu’est-ce que vous me conseiller pour que l’on ne se moque plus de moi ? ».

La Révolution du rire a finalement éclaté avec ses partisans, ses adversaires, ses dissidents. Adhérez-vous aux clubs de rire certifiés du Dr. Kataria ? Pratiquez-vous en groupe le rire blanc de France Mondor sans être dans une école de rire ? Quel style de clown développement perso avez-vous adopté, clown poète de Pirouette-Cacahouette, mystique de Lex Van Someren, ou clown dans le désert marocain d’Abraham Cohen ? Suivez-vous un rigolothérapeute ou un comique de scène reconverti au bien–être ? De quelle couleur riez-vous le plus souvent, jaune, blanc, rouge ou bleu ?

Cela ne mérite-t-il pas un Symposium ? Hahaha !

Et qu’allons-nous y faire ? Rire avec ou sans raison ? Travailler avec ou sans ludique ? Echanger avec ou sans humour ?

A l’heure ou j’écris ces lignes, à J moins 3 jours, je l’ignore. Laissons-nous surprendre, avant tout, avec confiance et légèreté.

Je pense que c’est l’attitude qui nous permettra d’approcher les rire dans toute leur richesse. Peut-être découvrirons-nous derrière ce souffle perlé, le collier qui a le pouvoir d’unir les humains. Ces rires là sont fragiles et précieux à notre époque. Ils s’entendent au-delà de l’intensité sonore.

Auriez-vous pensé qu’au travers de ces expirations vocalisées, il y a des êtres qui se dévoilent dans leur plus belle nature ?

Alors peu importe les décibels, de la tempête d’hilarité au sourire muet qui masque un rire intérieur. Peu importe le déclencheur, qu’il soit un gag recherché, un rire blanc ou un rire de contagion. Rejoignons-nous dans le plaisir, entre inconnus, pour apprendre avec le souffle à vivre ensemble en paix.


Pirouette
Genève, le 29 juin 2004

 


Madan Kataria dans le rire du téléphone

Dr. Madan Kataria is a qualified Physician in Allopathic system of medicine, practising in Bombay (India) for the past 15 years. Ex-registrar Jaslok Hospital and Research Centre , Bombay in Internal Medicine and Cardiology.
Dr. Madan Kataria, the merry medicine man from India, the Guru of Giggling (London Times), a pioneer of laughter clubs movement all over the world, has developed a new technique of Laughter Therapy, based on Yoga. At present there are more than 800 Laughter Clubs in India, USA, Australia, Germany, Switzerland, France, Sweden, Norway, Denmark, Italy, Australia, Singapore, Malaysia and Dubai.

www.laughteryoga.org laugh@laughteryoga.org
Tel. +91-22-26316426

Interview du Dr. Kataria par Pirouette

Comment expliquez-vous le fantastique essor ces dernières années des clubs de rire dans le monde? Combien sont-ils?

L’idée du club de rire m’est venue en 1995, à la lecture du magazine « Mon docteur » où étaient mentionnés les bénéfices du rire sur la santé. J’ai constaté que la littérature scientifique sur ce sujet restait sérieuse, sur papier, et n’avait pas d’application dans la vie, n’atteignait pas la population. Je me suis mis en tête de créer un club de rire puisque celui-ci était si bénéfique pour le corps. J’ai réuni un jour 5 personnes dans un parc pour rire autour de blagues. Le groupe s’est vite agrandi mais au bout de 10 jours nous avions épuisé nos stocks de plaisanteries. Je me suis alors interrogé sur un moyen de rire sans humour. Ainsi a émergé l’idée du yoga du rire.

Je pense que le succès des clubs de rire provient de plusieurs facteurs:

o On se réunit en groupe pour partager un rire de contagion accessible à tous et qui ne dépend de la capacité à faire de l’humour. Cette atmosphère conviviale réduit les inhibitions et aide les timides.
o Que cela soit un rire imité, consciemment stimulé (artificiel) ou naturel, les effets sur le corps sont identiques, tels que la sécrétion d’endorphines, le massage des intestins...
o Au cours d’une séance, le rire artificiel vire rapidement au naturel avec la détente des élèves.
o Plus on pratique le yoga du rire, plus le rire naturel vient facilement.


Mais le principal succès des clubs tient sans aucun doute au principe que l’on peut rire ensemble sans utiliser son mental. Parlons des liens mental-corps :

L’humour passe par le cerveau pour atteindre le corps car le rire est finalement un processus physique et non mental. Pour ceux qui n’ont pas le sens de l’humour, il n’est pas facile de faire rire. Or, si l’on stimule le corps avec un rire sans humour, l’esprit ressent des émotions similaires à l’effet d’une plaisanterie. Il y a indubitablement un lien à double sens entre le mental et le corps. Ce phénomène très général se retrouve notamment dans le domaine de la sexualité: la stimulation peut provenir de la tête ou du corps. Fait intéressant, à force de rire sans raison dans un club de rire, c.à.d. sans une stimulation du mental, on se détend et on développe son sens de l’humour.

Ainsi, ce n’est pas uniquement parce qu’on est heureux que l’on rit mais c’est en riant que l’on devient heureux. A ce propos, on devrait distinguer être heureux et être joyeux. Etre heureux, c’est obtenir dans la vie ce que l’on désire. Or, il est difficile de rester heureux longtemps car sitôt qu’un désir s’est réalisé, on court derrière autre chose …hahaha! Rester heureux n’existe pas! En ce qui concerne la joie, même si la vie est pleine de problèmes, nous avons la faculté de rire et donc d’opérer une transformation durable dans notre corps, ce qui nous permet de gérer les problèmes de façon plus sereine et d’être plus souvent joyeux. C’est encore une des raisons de la popularité des clubs de rire.

Depuis le 13 mars 1995, date de la fondation du premier club de rire, soit après 9 ans, aujourd’hui on compte dans le monde environ 2500 clubs de rire (1000 en Inde).

(Pause, exercice mené par le Dr. Kataria dans la salle : « le rire du démarrage de la voiture en hiver »)

Quelle est la différence entre la méditation du rire tel qu’elle se pratique en Inde depuis des millénaires et celle que vous enseignez?

Le terme méditation signifie un silence des pensées, le mental arrête de tourner. C’est justement ce qui se passe dans le rire. La méditation traditionnelle se pratique seule, elle est statique, spirituelle, difficile d’apprentissage. Celle que j’ai développée est dynamique, se pratique en groupe, implique le jeu, l’amusement, ne fait pas appel à la spiritualité ou la religion, et s’apprend facilement.

Au-delà des clubs de rire, quelle est la philosophie que vous prônez?

(Interruption, exercice: « le rire de la dispute »)

Normalement, le rire est un amusement et un plaisir physique. Mais nous désirons aussi le promouvoir pour gérer les émotions négatives et les personnes difficiles (raison de l’exercice précédant), ainsi que pour connecter les gens entre eux et développer l’amour du prochain. Selon moi, le but de la vie est de se connecter aux autres.

Projets et visions?

(Interruption, exercice: « le rire libre »)

Continuer à former des animateurs et à développer les Clubs de rire partout dans le monde, il en faut des millions, hahaha ! S’il y avait des millions de clubs de rire dans le monde, leurs membres éliraient au gouvernement des politiciens plus joyeux.

J’aimerais fonder dans ces 5 prochaines années une université internationale sur le rire. Ce centre regrouperait non seulement les clubs de rire mais toutes les méthodes, arts et techniques qui permettraient de stimuler le rire : clown, théâtre, danse, chant... avec pour but de réunir les peuples du monde entier par le biais de l’hilarité.

Un vœu: à l’ouverture des Jeux Olympiques de Benjing, une minute de rire. Si le monde pouvait rire ensemble dans le même instant, la conscience globale de l’humanité serait modifiée…


et surtout, je souhaite la Paix dans le monde à travers le rire.

Dr. Madan Kataria
Frontignan, le 4 juillet 2004

Corinne Cosseron est diplômée en Études Supérieures de Psychologie. Elle est formée au Yoga du Rire par Madan Kataria et Steve Wilson, à différentes techniques de Clown, au Rire en milieu hospitalier par France Mondor et à la Sophrologie Ludique par Claudia Sanchez et Ricardo Lopez.

Fondatrice du 1er Club de Rire du Sud de la France, co-fondatrice de la Fédération Française des Clubs de Rire, elle crée en 2002 qui propose différentes formations autour du rire : yoga du rire, sophrologie ludique, spectacles interactifs…, et intervient dans tous les milieux.

Célébrant la Journée Internationale du Rire, organisatrice du Plus Grand Éclat de Rire de France et créatrice du Rire d'Or remerciant chaque année une personnalité défendant les bienfaits du rire pour la santé, elle poursuit en créant le 1er Rassemblement International des Rieurs à Frontignan où des centaines de Rieurs venus de toute l'Europe peuvent échanger leurs expériences rieuses durant un symposium, un salon du livre et dix jours de festivités proposant séances de rire, théâtre, cinéma, danse, chant et clowneries diverses.

www.ecolederire.com ecolederire@wanadoo.fr
Tél - 06 15 31 28 65

L'état du rire en France

Rien n'est plus sinistre que de parler du rire, c'est bien connu. Le rire ça se vit, ça se fait, ça se sent, ça se vibre, ça se partage, ça s'éclate mais ça ne se raisonne pas.

Voici donc quelques chiffres, édifiants et pas drôles, qui m'ont poussée à m'occuper le plus sérieusement du monde, de l'état du rire dans notre pays.

Quelques statistiques que nous nous répétons sans trop aller vérifier la manière dont elles ont été établies. Mais elles sonnent malheureusement trop juste pour ne pas l'être au moins un peu.

En 1939 les Français riaient dix-neuf minutes par jour. Et pourtant les temps n'étaient pas à la franche rigolade. En 1983, lorsque le Dr Henri Rubinstein publie La Psychosomatique du Rire, nous n'en sommes plus qu'à six minutes par jour. En l'an 2000, nous passons la barre de la minute quotidienne. Aujourd'hui, 7% de la population française affirme ne jamais rire.

Or depuis l'Antiquité, les médecins ont constaté que les Rigolus guérissent bien mieux que les Tristus. Ils ont même estimé la quantité de rire nécessaire chaque jour pour se maintenir en bonne santé à dix minutes. Si vous êtes malades, augmentez la dose. Mais la première chose que l'on fait quand on est malade n'est-elle pas justement de rire encore moins?

Ajoutez à ces chiffres alarmants ceux de l'Organisation Mondiale de la Santé qui s'est penchée sur la manière dont chaque pays gère ses émotions. Pourquoi? Parce qu'on sait déjà que plus de 75% des consultations médicales des pays technologiquement avancés sont causées par des dérèglements liés, d'une manière directe ou indirecte, à l'excès de stress négatif. (Or le rire répare point par point à peu près tout ce que le stress détruit en nous.)

On sait maintenant aussi que 85% de nos troubles sont liés à notre refus d'exprimer nos émotions : tristesse, peur, colère ou joie. Ainsi, aux États-Unis, il n'est pas question d'avoir peur. La vertu principale est le courage et donc toute forme de peur est-elle à bannir.

Savez-vous quelle est l'émotion que, d'après l'OMS, les Français assument le moins? La joie! Eh oui! Héritage du Moyen-Âge qui considérait le rire comme satanique et qui proposa la culpabilité à tous les Rieurs! Racine ne prétendait-il pas : "Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera."

C'est dans cet état de sinistrose avancée que se trouve notre pays le jour où je tombe par hasard dans la petit lucarne, tard dans la nuit, sur de très dignes dames Indiennes, multicolores dans leur magnifique sari, hurlant de rire sur une plage de Bombay. Je suis aussitôt contaminée par cette inexplicable rigolade et découvre alors le Dr Madan Kataria, généraliste de la banlieue de Bombay, qui explique le plus sérieusement du monde qu'il a décidé de créer des Clubs de Rire afin d'aider ses patients tristes à mieux guérir.

Conquise, je me dis que cet homme a raison : il est urgent de rire. Grâce à Internet, j'entre en contact avec le Dr Madan Kataria dés le lendemain et suis la première formation d'animateurs de clubs de rire qu'il organise en France, en mai 2002. Aussitôt quatre clubs s'ouvrent aux quatre coins de la France dont celui de Frontignan. Deux ans plus tard près d'une centaine de Clubs rient à travers tout notre pays.

Phénomène de mode ou soupape de sécurité nous permettant de souffler? Le succès des Clubs de Rire accompagne celui des humoristes qui font salle comble. Les vidéo clubs le confirment : loin devant les autres, ce sont les comédies que nous louons! Parce que nous avons besoin de rire, même si nous avons banni le rire de presque tous nos lieux de vie pour ne plus l'autoriser que dans les dîners entre amis, les réunions de famille (et encore, …pas toutes!) et les spectacles comiques.

Revenons à la source. Qu'est-ce que le rire? Un luxe que certains d'entre nous peuvent s'offrir tandis que d'autres s'en passeraient?

Nouveau au Club de Rire de Frontignan, un homme radieux me dit au bout de quelques séances : "Avant de venir au Club de Rire, je ne voyais pas l'intérêt de rire." Surréaliste! Respire-t-on ou dort-on par "intérêt"? Tout comme la respiration, le rire est un réflexe, vital qui plus est, qui a donc pour fonction de nous maintenir en vie. (cf. La Psychosomatique du Rire (1))

Et si nous n'avons pas tous le même humour, voire si certains n'en ont même aucun, nous possédons tous la capacité de rire. Bonne nouvelle qui pousse les Rieurs du Club à se lancer des gageures : nous nous donnons une semaine pour arriver à faire rire un Papy du village que personne n'a jamais vu rire. Et tout peut arriver, la colère, voire les coups, un sourire, un échange verbal et parfois, un éclat de rire partagé!

L'autre jour, lors d'une conférence de presse organisée pour le 1er Rassemblement International des Rieurs à Frontignan, un journaliste auquel je venais d'expliquer les différentes activités de l'École Française du Rire et du Bien-Être et que j'avais vu noter consciencieusement : clubs de rire, sophrologie ludique, yoga ludique pour enfants, clown, chant, théâtre, spectacles interactifs, rigologie, interventions en entreprises, hôpitaux, maisons de retraite, associations de patients, festivals, événements etc. relève brusquement la tête et s'exclame : "Mais quel est le lien avec la réalité?"

Quelle superbe question! Le lien entre le rire et la réalité? Comme on se sent humble dans un moment comme celui-ci où l'on réalise que l'essentiel du message n'a même pas commencé à envisager de passer!

Le rire appartient à notre réalité quotidienne. Le rire doit faire partie intégrante de chaque instant de notre vie. Il n'y a pas la "réalité", sans le rire, et ailleurs, dans les loisirs où des temps "irréels", le rire! Le rire doit nous servir à combattre les mille petits désagréments de notre vie quotidienne ; bouchons, ascenseur qui n'arrive pas, grèves diverses (autre spécialité française), retards, frustrations, énervements en tous genres. Bien sûr nous ne pouvons accueillir le deuil d'un être cher par un grand éclat de rire (même si on pique une incontrôlable -et salvatrice- crise de fou rire à son enterrement) mais l'humour et la joie dans la vie quotidienne feront de nous des êtres plus forts et mieux aptes à rebondir face aux véritables difficultés de la vie. C'est l'éclat de rire salvateur que Victor Hugo qualifiait de "dernière ressource de la rage et du désespoir."


Le rire comme hygiène de vie pour remettre de l'huile dans les rouages de notre société. Le rire pour mieux vivre à défaut de vivre plus longtemps. Et le rire, encore, comme porte d'entrée vers nos autres émotions - moins plaisantes peut-être mais tout aussi nécessaires à notre équilibre - et que nous devons réussir à exprimer et assumer pour pouvoir vivre épanouis, heureux et somptueux, pour pouvoir donner et accepter de recevoir.

Merci à tous ceux qui d'une manière ou d'une autre, à l'aide de clubs de rire, de stages ou de séminaires, de sophrologie ludique ou de yoga ludique, de clowneries ou autres moyens contribuent à restaurer la joie et la bonne humeur dans notre société.

Merci à tous ceux sans lesquels ce premier Symposium Européen sur le Rire et la Santé n'aurait pas vu le jour :

· Pirouette, fondateur de Rire Bleu, organisateur et animateur de ce symposium,
· Le Dr Madan Kataria, Rire d'Or 2004, pour son invention du Yoga du Rire,
· Le Dr Henri Rubinstein, Parrain de l'École Française du Rire et Rire d'Or 2003, pour La Psychosomatique du Rire,
· Le Dr Christian Tal Schaller, auteur de Rire, une merveilleuse thérapie,
· Le Dr Roland Schutzbach, foulosophe
· France Mondor, relaxologue et praticienne du Rire Blanc,
· Abraham Cohen –Solal, clown et thérapeute
· Et, bien sûr, Frédéric, Armand et Orel qui me font tellement rire chaque jour que je me sens obligée de retransmettre un peu de tout cet or joyeux !


Bons rires à tous!


(1)La Psychosomatique du Rire, Dr Henri Rubinstein, Robert Laffont, 1983, Paris

Corinne Cosseron
Frontignan, le 4 Juillet 2004


 

Témoignage

Je suis ici pour témoigner des bienfaits du rire sur la santé.

Voici l’historique de mon aventure.
Cela a débuté en 1983 (soit déjà 21 ans) après une intervention des varices en Juillet (ce qui est proscrit pendant les grandes chaleurs) et trois semaines de convalescence, je pars en vacances en Provence.

La chaleur qui persévère fait que je me sens très fatiguée et vais donc consulter un médecin généraliste en province. Celui-ci me prolonge mon arrêt de travail et me conseille de voir mon médecin traitant à mon retour ; ce que je fais.

Celui-ci me dirige vers un cardiologue qui m’incite à aller passer une échographie.
A la vue des résultats, le médecin veut me garder à l’hôpital, de peur que je meures dès le premier geste accompli, tant j’étais au bout du rouleau avec une cardiomyopathie ventriculaire gauche, non obstructive importante.

Je suis donc restée en observation pendant une semaine avant de faire une coronarographie qui ne nous informe en rien sur l’origine de cette cardiomyopathie, sinon qu’elle doit être héréditaire de par mon père qui est un grand cardiaque (beau cadeau !)

Un traitement de cheval est alors mis en place: anti coagulants, diurétiques à haute dose et un médicament dont la dose maxi est de 9 comprimés par jour et j’en prends 12.

Je n’ai plus qu’à prendre mon mal en patience et bien qu’interdit, je trouve le moyen de tricoter en me calant les bras sur des coussins, je fais des mots fléchés, je regarde la TV, et le week-end, les amis passent me voir et nous rions beaucoup. Je ne vous ai pas encore tout dit mais mon compagnon est très drôle et avec ma fille qui ne donne pas son reste, c’est la crise de rire assurée, tous les jours.

Après quelques mois sans amélioration, l’équipe médicale qui me suit (c’est à dire mon cardiologue et l’équipe de l’hôpital) décide qu’il va me falloir une greffe du cœur.

Je vous passe les détails de tout ce qui peut se passer sous le crâne d’un malade lorsqu’il lui est annoncé ce type d’intervention !

Compte tenu des phénomènes anti rejet, de mon jeune âge et de la charge d’une enfant de 8 ans, mon cardiologue décide d’attendre pour gagner du temps, espérant que des progrès seront encore faits dans le domaine de la greffe et que, qui sait, une amélioration pourrait être possible.

Quelques mois se sont écoulés durant lesquels effectivement une amélioration s‘installe. Lors d’une consultation, je découvre dans la salle d’attente, une revue intitulée Cœur et santé.

En la feuilletant, j’aperçois un article sur le rire dans lequel le Dr.RUBINSTEIN auteur du livre La Psychosomatique du rire prône les bienfaits du rire sur la santé.

Persuadée que mon amélioration est due aussi bien au traitement médical qu’au moral toujours au beau fixe, je décide d’acheter ce livre.

Et là, oh! révélation, je constate que le rire est bon pour la santé du cœur, la respiration, le moral etc…. (Pour plus d’informations consulter cet ouvrage).

Cette lecture me conforte dans l’idée que j’avais de l’importance des bienfaits du rire et du moral sur la santé.

L’équipe médicale qui m’a suivi est d’accord pour me dire que le bon moral qui m’habite est bénéfique pour mon rétablissement, mais que déontologiquement ils ne peuvent pas me l’écrire. Quel dommage ! D’ailleurs, pour me donner le moral, le cardiologue me dit que je suis consolidée, mais pas guérie (dans ma tête, je suis guérie depuis longtemps, ah ! ah !).

Comme il m’arrive de me parler à moi-même, je me suis donc dit : si tu n’es pas morte comme prévu, c’est que tu as une mission à remplir sur terre.

C'est alors que j’ai décidé de faire partager avec tous ceux qui le veulent mon expérience afin de les accompagner dans leurs difficultés.

Compte tenu de ma formation de relaxologue, dès que j’ai été mieux (environ 8 ans plus tard) je me suis formée à la technique dite du rire blanc (rire non réactif provoqué par une respiration spécifique) et j’ai créé des ateliers rire et relaxation pour tout public en 1993.

Fille de médecin, j’ai toujours été intéressée par la santé et donc j’ai construit ensuite une formation professionnelle destinée au personnel soignant intitulée rire et santé afin que ceux ci puissent mieux accompagner les malades et aussi mieux communiquer aussi bien avec la hiérarchie, les collègues et les malades.

Avant de terminer ce témoignage, je voudrais vous rappeler que ma maladie s’est déclarée en 1983 et que nous sommes en 2004. Je mène une vie totalement normale c’est à dire une activité professionnelle, et une vie privée, avec mon cœur et moteur d’origine et que comme vous pouvez le constater, je ne fais pas maladive.

France Mondor
Juin 2004

 

 

Le Dr Henri Rubinstein, neurologue, est un précurseur lorsqu'il s'intéresse au rire et publie en 1983 un best-seller qui n'a pas pris une seule ride : La Psychosomatique du Rire. Deux cent pages où il décrit toutes les vertus d'un éclat de rire et nous rappelle avec bon sens que le rire est un réflexe vital dont nous ne saurions nous passer sous peine de perdre santé et raison... de vivre!

Rire et vieillissement

Il me semble utile d’exposer brièvement ce que nous savons de la neuro-physiologie du rire et de l’humeur pour tenter de démontrer les relations étroites qui existent entre le rire, la qualité de la vie, le vieillissement et la longévité des individus.

Il est établi que le rire est un phénomène réflexe , c’est à dire une réponse physique involontaire à une stimulation (ici, la stimulation est une émotion plaisante). Qu’il existe en nous un rire réflexe, que chacun a pu ressentir et expérimenter est un argument de plus pour affirmer l’importance du rire pour l’être humain. Cette définition permet d’ordonner ce que nous savons de la neuro-physiologie du rire:

réponse: rire est un réflexe, on ne rit qu’après une stimulation psychique ou physique.

physique: rire participe du corps, de la respiration, des muscles. Cette réponse physique consiste en une série de petites expirations saccadées qui dépendent des contractions également involontaires des muscles de la face. Elles sont toujours accompagnées d’une vocalisation, provoquée par de violents mouvements d’inspiration et d’expiration du muscle diaphragme.

involontaire: ce mécanisme du rire est incontrôlable, il est situé dans le cerveau profond et, une fois le rire déclenché, le cortex conscient est déconnecté. Bien entendu, il faut nuancer car on peut aussi se forcer à rire et, par ailleurs le sourire, qui lui est volontaire, déclenche souvent le rire.

émotion: le rire est une émotion, soumise au mécanisme général des émotions où interviennent le diencéphale et le système nerveux autonome. Les mécanismes de l’émotion, en principe autonomes, sont régulés par le cerveau conscient.

plaisante: la notion de plaisir est capitale et rend compte des valeurs positives attachées au rire. Mais ce qui fera plaisir à un individu donné n’est pas forcément drôle pour un autre et déborde largement le cadre du comique.


La physiologie du rire s’organise autour de trois axes principaux. Les deux premiers, l’axe musculaire et l’axe respiratoire sont des axes d’extériorisation; ils sont partiellement imbriqués et relativement simples à décrire. Le troisième, axe de commande neuro-hormonal, est beaucoup plus complexe puisqu’il fait intervenir à la fois le cerveau conscient (et par là-même, au niveau du cortex cérébral, les mécanismes psychologiques du rire), les centres neurologiques des émotions (système limbique), les médiateurs chimiques du système nerveux, la motricité réflexe et enfin le système nerveux autonome (sympathique et parasympathique) qui n’est pas sous le contrôle de la volonté.

L’axe musculaire: le rire met en jeu un grand nombre de muscles depuis les petits muscles du visage, les muscles du larynx, les muscles respiratoires et le diaphragme jusqu’à la musculature abdominale et celle des membres. Il s’agit d’une véritable onde qui se transmet de proche en proche en augmentant d’intensité jusqu’à intéresser l’ensemble de la musculature striée (volontaire), mais aussi la musculature lisse (involontaire) de l’organisme.

Les petits muscles plats du visage (zygomatique, frontal, temporal, etc.) et les muscles circulaires (orbiculaires de lèvres et des paupières) sont responsables de l’expression rieuse; leur contraction attire les coins de la bouche et les paupières vers le haut. En revanche, les mâchoires s’écartent par le relâchement des masséters (muscles de la mastication). Ce sont les cordes vocales et les muscles du larynx qui sont les responsables finaux de la vocalisation caractéristique du rire (“Ha, ha”), elle-même provoquée par de profondes inspirations suivies de contractions courtes et spasmodiques du diaphragme et des muscles accessoires de la respiration qui mobilisent toute la cage thoracique. Le rire, comme tout phénomène expulsif (chant, toux, éternuement) contribue à pousser l’expiration au-delà de la simple élasticité pulmonaire et donc à mobiliser plus profondément la cage thoracique en utilisant davantage les possibilités des muscles expirateurs (intercostaux internes, grand et petit oblique, transverse de l’abdomen) habituellement peu sollicités dans la vie quotidienne.

Associées à l’action des muscles respiratoires se produisent des secousses des épaules et surtout un relâchement, une détente des autres territoires musculaires. La tête n’est plus fixée et se balance, les mains s’ouvrent, allant jusqu’à lâcher des objets, les jambes se relâchent pouvant obliger le rieur à s’asseoir. Ce relâchement musculaire peut devenir très général et intéresser les sphincters. “Pisser de rire” est une expression suffisamment répandue pour qu’elle atteste d’une réalité physiologique.

Parallèlement à ces effets sur la musculature volontaire se produisent, par l’intermédiaire du système nerveux autonome, des modifications de la musculature involontaire: les rythme cardiaque augmente puis diminue de façon durable, les muscles lisses des artères se relâchent et augmentent le calibre des vaisseaux, ce qui diminue la pression artérielle. De même, les bronches, par le jeu de leur musculature lisse, s’ouvrent plus largement, augmentant ainsi la ventilation pulmonaire.

L’axe respiratoire est intimement lié à l’axe pulmonaire puisque les poumons sont solidaires de la cage thoracique. Les échanges respiratoires sont mécaniquement favorisés, ce qui va intervenir positivement au niveau des diverses fonctions des poumons:

fonction respiratoire principale, par laquelle l’organisme reçoit l’oxygène nécessaire à ses combustions et à l’expulsion des produits toxiques métabolisés.

action sur le métabolisme des graisses avec fixation et destruction des lipides lors de la traversée pulmonaire.

actions métaboliques spécifiques sur le glucose, le calcium et l’acide lactique. Ce dernier, déchet du travail musculaire dont l’accumulation est responsable de la sensation de fatigue, est éliminé par la respiration.

action anti-toxique des cellules de la paroi interne des vaisseaux pulmonaires, vis à vis des corps étrangers circulant dans le sang.

action destructrice des microbes de rencontre grâce aux cellules spécialisées, responsables des défenses immunitaires, présentes dans la masse sanguine et les alvéoles pulmonaires.


Ainsi, le rire augmente considérablement les fonctions respiratoires, allant jusqu’à tripler la valeur de ces échanges respiratoires, en particulier en mobilisant l’air de réserve qui, dans les circonstances habituelles, n’est pas renouvelé et stagne dans les poumons.

L’axe neuro-hormonal commande, déclenche et entretient les mécanismes du rire, dont on vient de voir les phénomènes d’extériorisation musculaires et respiratoires. Jusque récemment, on considérait qu’un “centre du rire” se trouvait dans le cortex cérébral droit, au niveau préfrontal (aires 9 à 12 de Brodmann) où se situe le contrôle de la personnalité et qui n’est que peu concerné par l’intellect proprement dit mais qui, en revanche, est en interaction étroite avec le cerveau des émotions ou système limbique. Cette localisation au cerveau droit, considéré comme siège des activités de synthèse par opposition au cerveau gauche, où prédominent les activités logiques et analytiques, est satisfaisante pour l’esprit puisqu’elle permet de rendre compte à la fois du caractère globale des situations comiques, de la destruction du rire par l’analyse et du fait que les esprits raisonneur ne sont à l’évidence pas portés sur les plaisirs de la joie et du rire. Plus récemment, des médecins californiens auraient isolé l’aire du rire dans le gyrus frontal supérieur gauche, voisine de l’aire du langage. Cette découverte, non confirmée à ce jour, pose des questions intéressantes en confirmant l’existence - sinon la localisation - d’un centre du rire, inscrit en nous, dont la stimulation faible ne provoque qu’un sourire alors que des intensités plus fortes déclenchent des rires francs, massifs et contagieux. Cette situation frontale rend compte, si besoin est, des rapports étroits entre le rire, la personnalité et le langage. Certes, la localisation à l’hémisphère gauche poserait des problèmes théoriques que je ne développerai pas ici.

Le cortex frontal et pré-frontal, siège de la personnalité, est connecté au système limbique, partie beaucoup plus ancienne du cerveau fonctionnant en corrélation avec l’hypothalamus et constituant le véritable centre des émotions. Le cortex lui dicte quel type de réponse il doit faire dans une situation donnée et le système limbique ajuste le niveau de réponse. Une expression émotionnelle met pleinement en jeu des mécanismes de “feed-back” par l’intermédiaire des organes des sens jusqu’au cerveau en passant par les sécrétions hormonales et les viscères. En retour, les modifications cérébrales affectent la périphérie. Le cortex reçoit des messages et “décide” du type de l’émotion (plaisir, rire, colère, etc.) alors que le système limbique ajuste l’intensité de cette réponse en produisant les manifestations physiques de l’émotion. Nous savons localiser les zones responsables de différentes émotions au sein des structures du rhinencéphale et du diencéphale. Par exemple, le plaisir et le déplaisir dans le noyau dorsal de l’hypothalamus, la rage et l’agressivité dans l’amygdale, la joie dans le septum, etc... De même, ces structures assurent le contrôle du rythme cardiaque, de la respiration, de la tension artérielle, de la température du corps, des sécrétions hormonales, etc...

Toute transmission entre les neurones se fait par transmission chimique puisque le rôle électrique de l’influx nerveux consiste uniquement à libérer les neurotransmetteurs au niveau des synapse. L’action des neurotransmetteurs (acetyl-choline, pour les mouvements simples et la mémoire; dopamine, pour les mouvements complexes et l’activité mentale; GABA, pour l’inhibition des mouvements anormaux et le contrôle de l’humeur et du comportement; sérotonine, pour la régulation du sommeil et de l’humeur; adrénaline et nor-adrénaline pour le maintien de l’état d’éveil et de l’acuité des processus cognitifs) est modulée, amplifiée ou réduite par les neuromodulateurs (endorphines et enképhalines) présents dans le système limbique et l’hypothalamus. Les principales fonctions de ces derniers concernent la perception de la douleur, la mémoire et l’apprentissage. Il existe au niveau cérébral de nombreux sites récepteurs spécialisés qui “attendent” qu’une endorphine spécifique vienne s’y fixer. La démonstration en a été faite à propos des récepteurs de la morphine, conduisant à la découverte historique de la première endorphine ou morphine naturelle. De même, des sites sont disponibles pour des molécules à action anxiolytique ou antidépressive.

Les émotions - ici le rire - élaborées au niveau cortical et sous-cortical, transmises par voie chimique par les neuromédiateurs vont atteindre la périphérie, c’est à dire les différents organes concernés, en cheminant par les voies d’un système nerveux particulier, le système nerveux autonome ou système nerveux végétatif qui contrôle automatiquement, en dehors de la volonté, un grand nombre de fonctions de l’organisme, coeur, vaisseaux, appareil digestif, respiration, glandes endocrines, système immunitaire, etc.

Il faut se représenter le système nerveux autonome comme un système instable comprenant deux sous-systèmes (sympathique accélérateur et para-sympathique freinateur) qui sont en permanence à la recherche d’un équilibre. Cet équilibre, que l’on assimile à la santé, c’est à dire au “silence des organes” est fragile et constamment menacé; en particulier, toutes les situations dites de stress vont stimuler le système sympathique accélérateur alors que les situations de relaxation vont favoriser le système para-sympathique freinateur. Il importe de savoir que les mécanismes du rire participent presque exclusivement du système para-sympathique dont l’activité anti-stress se manifeste, entre autres, par la contraction des pupilles, l’augmentation des sécrétions gastriques, le ralentissement du rythme cardiaque, la dilatation des artères, la détente musculaire...

Cette rapide description des structures intervenant dans le phénomène rire permet d’en comprendre les effets physiologiques positifs, voire d’en proposer l’exploitation thérapeutique systématique.

En effet, le rire est d’abord un exercice musculaire, puisqu’il mobilise la plupart des muscles de l’organisme, depuis la face jusqu’aux membres, en passant par le diaphragme et les muscles abdominaux. Le travail musculaire est un besoin qui stimule toutes les fonctions vitales et le rire constitue un exercice musculaire à la fois doux et profond, facile à mettre en oeuvre en beaucoup d’occasions. Ce véritable jogging stationnaire, doux et modéré, convient à tous et sans doute aux personnes âgées dont les possibilités sont réduites en matière de gymnastiques traditionnelles.

Ensuite, le rire est une technique respiratoire, un moyen agréable de réaliser naturellement des exercices respiratoires utiles. Le rire qui associe une inspiration ample et brève, une pause respiratoire et une expiration longue et saccadée rejoint les techniques de contrôle du souffle chères au yoga. La gymnastique respiratoire influence favorablement bon nombre des paramètres de la santé. Grâce au brassage des viscères par les muscles abdominaux et thoraciques, à la dépuration de l’organisme par l’oxygène, les fonctions intestinales et hépatiques sont améliorées, l’appareil cardio-vasculaire se régularise, le rendement intellectuel augmente, nervosité et insomnies diminuent.

Surtout, le rire libère les endorphines cérébrales en stimulant la production cérébrale de catécholamines, qui sont les hormones de l’éveil et préparent l’organisme, en le mettant en état d’alerte, à répondre aux agressions. En retour, les catécholamines combattent les phénomènes inflammatoires et augmentent la production d’endorphines qui agissent contre la douleur, diminuent l’anxiété et régularisent l’humeur. Le rire constitue un stimulant psychique en construisant une barrière morale d’optimisme qui développe la faculté de réagir. Véritable désintoxication morale aussi bien que physique, le rire combat les petites dépressions, les inquiétudes et les angoisses de la vie quotidienne. L’état d’alerte, lié à la production accrue de catécholamines, augmente l’attention, les possibilités intellectuelles et la vitesse d’exécution des tâches. Dans son action sur le système neurovégétatif, le rire, après une phase d’alerte brève, se caractérise par une phase longue et durable, à prédominance para-sympatique, au cours de laquelle s’effectuent de façon évidente les la réduction des effets nocifs du stress. Le rire régularise le sommeil, améliore ou supprime l’insomnie en épuisant la tension interne et en “purgeant” le système adrénergique d’éveil, laissant place à l’action de la sérotonine dont on sait qu’elle contrôle en partie les mécanismes du sommeil.

Nous pouvons extrapoler ces quelques notions physio-pathologiques au phénomène du vieillissement. Il est dû à des causes multiples, dont la principale est un dessèchement des cellules de l’organisme qui n’éliminent plus les toxines qui s’accumulent dans les tissus. L’activité cellulaire diminue, elles sont envahies de tissu conjonctif et deviennent plus fragiles. Elles n’assimilent plus, ou mal, les produits du milieu intérieur, leur équilibre physico-chimique s’altère, leurs capacités de synthèse des neuromédiateurs décline. L’appareil respiratoire diminue sa consommation d’oxygène par réduction des mouvements thoraciques. La fonction d’élimination des reins se ralentit, les organes sexuels cessent peu à peu leurs sécrétions hormonales, le système cardio-vasculaire diminue son activité, les fonctions cérébrales se sclérosent. À côté de cette extinction progressive d’un organisme fatigué, comme une bougie qui s’éteint en fin de combustion, existent de nombreuses maladies qui raccourcissent parfois dramatiquement l’espérance de vie ou en détruisent la qualité. Les maladies cardio-vasculaires, les cancers, les maladies de la mémoire constituant, en Occident, les principales causes de décès et d’handicaps plus ou moins précoces.

Dans la mesure où les principaux facteurs de risque des infarctus du myocarde ont été identifiés (obésité, diabète, hypertension artérielle, hypercholestérolhémie, stress, manque d’exercice physique), il est clair que le rire est une arme de choix, par exemple en faisant baisser la tension artérielle. Pour aller plus loin à propos de la notion de stress, je rappelle l’opposition classique entre les personnalités de type “A”, caractérisées par le sérieux, l’agressivité, l’exposition au stress, l’impatience, l’activité débordante, et celles du type “B”, chez qui le sens de l’humour permet de réduire la colère, l’anxiété et l’agressivité. Le goût et le plaisir du rire sont l’apanage du type “B” et il n’est pas abusif de penser que faire rire les individus du type “A” peut contribuer à leur apprendre les vertus salutaires du groupe “B”. Si les stress, de toutes natures, favorisent et accélèrent le vieillissement et sont à l’origine de manifestations pathologiques telles que les ulcères à l’estomac ou les infarctus du myocarde, le rire sera une façon simple de diminuer les tensions, de prendre plaisir à son travail, d’équilibrer son activité entre sport, activités professionnelles, loisirs, vie affective et donc de vivre mieux - et plus longtemps - que ceux qui ne connaissent que frustrations et contraintes.

Bien que controversé, le rôle du stress dans l’apparition de certains cancers reste une hypothèse sérieuse à prendre en considération . Dans cette optique, il semble démontré que l’expression de l’agressivité et la violence exprimée jouent un rôle protecteur vis-à-vis des cancers alors que la violence subie en favoriserait l’apparition, de même que la répression de la capacité d’exprimer son hostilité. Le rire, thérapeutique anti-stress, facteur de libération, d’expulsion et d’expression de l’agressivité peut ainsi assurer un rôle bénéfique.

Enfin, à propos des maladies de la mémoire, préoccupation majeure de nos contemporains, il est clair à mes yeux que le rire constitue un excellent “sport cérébral”, par les capacités de stimulation cognitive qu’il met en jeu et par ses actions physiologiques sur la production des neuromédiateurs.

1/ Les réflexes assurent soit la protection immédiate de l’organisme, soit son ajustement à l’environnement, deux conditions nécessaires au maintien de la vie. Le rire est un réflexe vital, déjà présent chez le nouveau-né. S’il est relativement simple de décrire les structures physiologiques qui interviennent au cours de ce phénomène réflexe, de décrire les phénomènes qui accompagnent le rire, il est en revanche beaucoup plus hasardeux de définir la nature de la stimulation qui est en cause. Autant il est clair que le réflexe rotulien est déclenché par la percussion du tendon rotulien ou le réflexe cornéen par l’attouchement de la cornée, autant la définition de “l’émotion plaisante” suffisante mais pas toujours nécessaire au déclenchement du réflexe du rire est loin d’être évidente et ce d’autant plus que des causes physiques peuvent venir compléter les causes psychologiques les plus habituelles.

2/ Nature; 12/02/98.

3/ L’hémisphère dominant gauche, en principe caractéristique des civilisations occidentales, serait davantage porté vers le verbal et le scientifique que l’hémisphère dominant droit, apanage des civilisations orientales et africaines, qui privilégieraient l’art, la mystique et le rire!

4/ Voir les modes d’action des sérotoninergiques dans les troubles du sommeil des dépressifs.


Dr Henri Rubinstein
Paris

 

 

Maître Johanne RAZANAMAHAY et Docteur Christian Tal SCHALLER auteurs de plusieurs livres : «Le Rire, une merveilleuse thérapie», «Le Manuel des émotions» et « Éloge de la folie douce» parus aux éditions Vivez Soleil.

www.santeglobale.info info@santeglobale.info
Tél. Tal : 06 85 02 25 37 Tél. Johanne : 06 87 74 69 78

RIRE ET SANTÉ GLOBALE

Nous avons tous des émotions, des millions d'émotions qui déclenchent dans notre corps des sensations multiples. Dans les sociétés modernes des pays occidentaux, la plupart des adultes se trouvent enfermés dans une prison de croyances rigides qui les persuadent que leurs émotions sont dangereuses et qu'il faut les réprimer à tout prix. On leur a enseigné en effet dès l'enfance qu'une émotion comme la colère ne peut s'extérioriser que dans la violence verbale ou physique, que la peur ne peut disparaître que si les circonstances extérieures changent, que la souffrance et le malheur sont inévitables et que la vie humaine est inéluctablement marquée par le sceau du péché originel qui nous condamne à vivre dans des drames,des maladies et des catastrophes de tous genres.

La plupart des gens ont appris que l'on ne doit pas montrer ses émotions en public. Partout règne la répression émotionnelle et le stress, à cause duquel nous avons pris l'habitude de consommer toutes sortes d'aliments industriels, de substances toxiques comme l'alcool ou le tabac et de médicaments chimiques en grandes quantités, tout cela pour abrutir notre sensibilité affective et éviter de souffrir !

Les ravages, dans les pays industrialisés, de la mauvaise gestion des émotions sont impressionnants : enfants battus par leurs parents, parents battus par leurs enfants,enfants délinquants, assassinats de tous genres, tueurs en série, millions d'hommes et de femmes détruisant leur vie par les drogues légales et illégales, familles déchirées où l'on se dispute sans cesse, chômeurs incapables de gérer leur vie, clochards sans toit et exclus de tous bords, cadres surmenés et cohortes de malades chroniques qui cherchent un soulagement éphémère dans les traitements médicaux, le tableau de la société moderne fait sursauter.


En réaction à ce tableau dramatique, dans le monde entier des êtres humains s'éveillent à une nouvelle conscience et découvrent qu'ils peuvent sortir des limitations du passé. Ils remettent en question la croyance du "malheur inévitable", de la violence contre laquelle on ne peut rien faire que d'essayer de se protéger par des systèmes policiers et judiciaires. Ils veulent créer un monde délivré de la tyrannie des émotions négatives et des maux qu'elle entraîne.

Au lieu d'accuser les autres, de se plaindre en victimes résignées, ils se sentent responsables d'eux-mêmes et de la société dans laquelle ils vivent. Ils consacrent du temps chaque jour à rire sans raison pour dynamiser leur organisme et ils n'ont pas peur des émotions intenses qu'ils savent gérer en privé, hors de la vue des autres. Ils se sont délivrés des deux principaux fléaux de notre temps : la violence exercée contre autrui et la répression émotionnelle, qui est de la violence retournée contre soi-même. Ils ont remplacé la "folie dure" qui consiste à manifester ses émotions en public et sans tenir compte des autres par la "folie douce" qui consiste à savoir gérer ses émotions en privé.

Le rire est une porte d'entrée merveilleuse dans ce monde délivré de la peur, du conformisme et de la tyrannie de l'intellect. Le rire permet de commencer à entrer dans le monde de la gestion des émotions en douceur, en souplesse car le rire est le défoulement émotionnel le plus facile à effectuer en public, alors que l’expression d’émotions fortes comme la haine ne peut se faire qu’en privé, hors de la vue d’autrui. Dans notre travail de thérapeutes et d’enseignants en santé holistique (qui s’occupe des quatre corps de l’être humain : physique, émotionnel, mental et spirituel) nous utilisons abondamment le rire pour aider nos patients et élèves à libérer leur corps émotionnel de tout stress en laissant les émotions circuler à travers le corps physique.

En juin 2002, une émission d’ » Envoyé Spécial », sur FR2, a consacré un reportage à la « rirothérapie », ou thérapie par le rire, et nous y avons participé. Grâce à cette émission et au dynamisme du docteur Kataria, venu spécialement de l'Inde pour former des animateurs, des dizaines de clubs de rire ont vu les jour dans les pays francophones.

Chaque fois que nous rions, notre cerveau fabrique tous les médicaments que, par ignorance, nous allons acheter chez le pharmacien. Il fabrique même des subtances euphorisantes qui rendent désuète la consommation de drogues douces ou dures !
Norman Cousins est cet Américain devenu célèbre pour s’être guéri par le rire d’une forme grave de rhumatisme jugé incurable par les médecins. Le livre qui raconte son aventure, La volonté de guérir» est devenu un extraordinaire best-seller traduit dans de très nombreuses langues. Il a valu à Norman Cousins de recevoir des milliers de lettres de médecins enthousiasmés par sa vision optimiste et par la valeur de la thérapie par le rire, qui permet de sortir des dépendances envers les remèdes chimiques pour stimuler le corps à se guérir naturellement en fabriquant lui-même ses médicaments. Dans son ouvrage intitulé : La biologie de l’espoir, il décrit comment il a été nommé professeur de médecine à l’UCLA, la prestigieuse université de Californie de Los Angeles.

Bien que non médecin lui-même, il a été chargé d’étudier et d’enseigner aux futurs médecins l’influence du psychisme sur le corps, ainsi que l’importance d’une attitude positive pour aider le corps à se guérir. C’était la première fois dans l’histoire des universités américaines qu’un professeur de médecine était choisi en-dehors du corps médical ! Avec toutes les équipes de scientifiques qui, dans le monde entier, se passionnent aujourd’hui pour la psychoneuroimmunologie (la science qui étudie les effets du psychisme sur les fonctions physiologiques du corps et, notamment, sur le système immunitaire), Norman Cousins a démontré que l’attitude d’un individu joue un rôle capital dans le fonctionnement de son immunité.

Le rire est un merveilleux moyen pour se libérer du stress !

Le rire, c’est le « jogging intérieur ». Il fait fonctionner les muscles du visage et provoque en même temps une mobilisation générale des autres muscles, de la face aux membres, en passant par le diaphragme et les muscles abdominaux. Les effets d’une bonne pinte de rire sont comparables à ceux d’une séance de gymnastique ou de sport. Le rire est également une puissante technique respiratoire par les expirations forcées qu’il produit. Celles-ci entraînent un grand calme émotionnel grâce à un large brassage d’oxygène et exercent de puissants effets sur l’appareil cardio-vasculaire, la nervosité, la tendance à l’insomnie et au stress. Le rire a également un effet antalgique et anti-inflammatoire. Au niveau digestif, il déclenche une gymnastique abdominale qui facilite la digestion, le fonctionnement du pancréas, du foie et de tous les organes abdominaux.

La recherche a montré que son effet sur le corps peut s’expliquer notamment par la libération des fameuses endorphines cérébrales. Le cerveau produit en effet des substances semblables à la morphine, qui vont engendrer toute une série de réactions physiologiques : euphorie, plaisir, bien-être. Cette stimulation psychique via le cerveau et la production d’endorphines est extrêmement importante. Mais il n'y a pas que les endorphines ! Quand nous rions, le cerveau fabrique lui-même tous les médicaments que l'on peut trouver dans une pharmacie. Le rire fait partie de la médecine du futur, celle qui enseignera à chaque personne comment devenir son propre médecin et son propre pharmacien.

Voici un poème dédié au rire intérieur :

LE RIRE INTÉRIEUR

Rire à gorge déployée
N'est pas toujours possible
Car les gens sérieux s'offusquent
Ils crient au blasphème
Quand le rire est trop visible
Mourir de rire
Est vraiment prématuré
Si vous souhaitez
Sur notre bonne terre
Encore un peu rester !
Le fou rire est interdit
Dans les milieux bien-pensants
Et rire aux larmes
N'a pas bonne presse
Chez les notaires et les juges
Les prêtres et les docteurs
Les gendarmes et les professeurs
Alors que faire ?
Renoncer à rire ?
S'enraidir dans un monde de glace ?
Se durcir le coeur ?
Sombrer dans le malheur ?
Non, si le rire est mal vu
Trop joyeux pour les morts-vivants
Il vous reste le rire intérieur
Léger, discret, passe-partout
Il s'adapte à tous les milieux
Cultive votre bonne humeur
Et régénère vos cellules à toute heure
Sentez-le jaillir
Comme une source
Au fond de votre coeur
Et laissez-le couler
Par votre sang
Dans tout votre corps
Si vous avez de la peine
A ressentir cette fontaine de Jouvence
Commencez le matin au réveil
Par une séance de rire sans raison
Vous inspirez puis expirez en saccades
En faisant ha, ha, ha
Ou hou, hou, hou
Ou encore hi, hi, hi
A votre guise
Laissez le rire vous secouer
Et continuez
Pendant dix bonnes minutes
Ainsi sera mise en activité
Pour toute la journée
Votre source privée
De rire intérieur spontané
Et vous vivrez dans la gaieté
Avec des grelots qui dansent et chantent
Dans le coeur
Des courants de vitalité
Qui parcourent le corps
Et des flots d'idées inspirées
Qui ruissellent de votre âme
Pour vous guider
Vers la jeunesse sans fin
Des vallées du bonheur
Qu'irriguent les sources
Du rire intérieur



Le Clown : le jeu du « JE » dans le développement personnel

Abraham Cohen Solal

www.develperso.com clown@ develperso.com Tél. +444 6868 0066

Avertissement : Lorsque nous parlons du « Clown » durant cette conférence il s’agit précisément du Clown de développement personnel, appelé aussi « processus Clown». Rien à voir avec le Clown de cirque classique, tarte à la crème et seau d’eau dominical et cathodique…

* * * * * * *

Vouloir décrire le « Clown » c’est comme vouloir se saisir du vent : nous croyons le voir, mais ce sont les feuilles qui dansent… nous croyons l’entendre et c’est le roseau qui chante… nous croyons le ressentir et c’est notre peau qui nous parle... nous croyons le sentir et c’est l’ambre qui voyage... nous croyons le goûter et ce sont nos sens qui se réjouissent…

Vouloir expliquer le « processus Clown » résulte de cette nécessité humaine de vouloir tout comprendre, ethymologiquement « prendre avec », pour le ranger dans une boite répertoriée, classifiée, repérable, réutilisable…

….Alors que le « processus Clown » participe d’un recyclage sauvage et libre, d’un broyage systématique et aléatoire, d’une compilation impromptue et inclassable, d’un compostage aérien et anaérobie à la fois….

Oui, vouloir comprendre est forcément réducteur, dominateur et possessif.

Et notre masse cérébrale est depuis l’aurore entraînée à comprendre... le vide et l’inconnu réveillant la peur ancestrale du noir, de la nuit, de la mort.

Et pour lutter contre le vide et l’inconnu notre néo-cortex est un champion! Essayez juste un instant de vous représenter l’infini… ou de concevoir que l’univers est peut-être fini, en ce sens que quelque part il n’y a plus « rien »….et bien ce rien est encore quelque chose pour notre pauvre mental limité!

Pour exemple de notre habitude à combler le vide par le « connu » le plus approchant, cette énigme délicieuse :
« Roméo et Juliette sont allongés, morts, sur le tapis d’une chambre. Il y a de l’eau et du verre cassé sur le tapis. La fenêtre est ouverte. Que s’est-il passé? »

Au delà de la résolution de l’énigme posez vous cette simple question :
« A quoi ais-je immédiatement associé :
1/ Roméo et Juliette
2/ le verre cassé
3/ l’eau sur le tapis »

95% des réponses aboutissent à :
1/ Les deux héros de la tragédie de Shakespeare, et donc des humains
2/ et 3/ un verre empoisonné
Et à la réponse « non » la deuxième version la plus répandue :
2/ la fenêtre brisée par un orage
3/ l’eau de l’orage

Pour remettre en cause ces acquis il faut généralement que le « conteur d’énigme » réoriente les synapses des chercheurs …

Je vous laisse mariner un peu?…. Ping, dingue, tongue! Vous donnez votre langue au chat?

Vous êtes-vous seulement demandé si Roméo et Juliette pouvaient être autres qu’humains?...et si c’était des poissons rouges… je vous laisse deviner la suite….

Désolé de me jouer de vos mécanismes… mais j’ai les mêmes à la maison!

Ils nous entraînent à répéter ce que nous savons (ou croyons savoir)... et quelques fois même ce que nous ne savons pas mais que nous répétons parce que papa, maman, la bonne ou le professeur le disait...

En langage Clown nous appelons cela des « lieux communs »! Durant les matchs d’improvisation théâtrale* cette attitude est pénalisée et peut même faire perdre une manche!

S’éloigner des lieux communs, c’est précisément l’occasion de créer de nouveaux espaces, de nouveaux lieux uniques et personnels. Le Clown favorise cette créativité, et permet l’émergence de « cette partie de nous même » parfois inconnue, inavouée, inavouable…

Oui, le Clown est un miroir agrandissant, une loupe grandeur nature… très nature…

Dans cette quête de la connaissance de soi et du développement personnel, résolument à la mode (de quand?), rares sont les processus libres, non balisés, éphémères… d’autant plus rares sont les expériences excluant la psychologisation et la théoréductionnalisation…

Le Clown, vécu en liberté, laisse la place à chacun d’intégrer l’expérience vécue sans la nommer, sans la normer!

En cela, le « processus Clown » respecte l’évidence existentielle : nul n’a accès à la profondeur de mon expérience… à part moi-même… et l’idée que l’autre s’en fait… même « bonne »… peut devenir une très « mauvaise idée » par manque de respect de mon « tempo » et/ou de mes « représentations » .

Le « processus Clown » est un volcan d’où jaillit le feu qui nettoie, la lave qui lave et qui trace des chemins nouveaux, sculptant la vie dans une fusion éphémère, inattendu, imprévisible… à vivre absolument, résolument, sans « mode-et-ration ».

Et dans ce jeu du « JE », les règles s’inventent et s’éventent à chaque pas, portées par le vent insaisissable de l’imagine-air… et transportées vers des sphères heureusement inaccessibles, sortes de bulles colorées aux reflets hallucinogènes… et pourtant tellement réelles

 

 

 

Abraham Cohen Solal
Set (FRANCE) juin 2004

 

La «Société Européenne du Rire » (European Laughter Society ELS) a été fondé par Dr. Roland Schutzbach, foulosophe, philosophe, pédagogue et thérapeute. Une partie de la ELS est le "Cabinet de Rire et de Plaisir" à Anet près de Bienne. Le but de la société est de "créer une conscience des effets positives du rire en Europe". La ELS coopère avec des autres projets internationaux plein d'humour.
Mandaté par « Promotion Santé Suisse », Roland Schutzbach a mené une étude sur le rire avec des aspects philosophiques, médicaux et psychologiques.


www.hahahahaha.org roland@hahahahaha.org
Tél. +41 32 3132458

Redécouvrir la gaieté

En un monde confus et secoué par des crises, il peut paraître bizarre de porter le regard sur la gaieté, voire de prôner une vie gaie et festive. En fin de compte, nous connaissons tous le sérieux de la vie! Les catastrophes ayant marqué le 20ème siècle avec les deux guerres mondiales, la guerre froide et les menaces sur l’environnement, le développement effréné du capitalisme sauvage ont fait que pour nombreux parmi nous l’espoir de voir un monde harmonieux, voire empli de gaieté se soit tari. La réalité brutale du terrorisme à l’échelle mondiale qui s’est révélée au grand jour le 11 septembre pourrait nous donner le coup de grâce.

En dépit de tout cela, cet article se focalise sur le thème de la gaieté - le rire est permis, mieux encore: il est désiré. J’irais plus loin en disant que la gaieté et la joie de vivre, une fois qu’elles se révéleront dans toute leur grandeur et seront intégrées sur le plan existentiel par un grand nombre de personnes, vont précisément permette d’éviter de telles catastrophes.

Commençons par le commencement:

Nous avons toujours cru que pour mener une vie convenable et couronnée de succès, il fallait la prendre au sérieux, il fallait nous prendre au sérieux. La plupart des religions universelles sont empreintes d’une grande gravité - le sacré doit être pris au sérieux. La philosophie elle aussi se prend au sérieux, tout comme la science.
Ce qui semble aller de soi prend un sacré coup lorsqu’un homme comme Patch Adams nous conseille de nous rendre ridicule en public. Non, cela dépasse notre imagination, cela va trop loin: Notre identité est en jeu, notre système de croyance, notre importance.

La philosophie de la gaieté nous invite à ne plus nous prendre tellement au sérieux. En cela, notre identité perd sa silhouette tranchée. Dans le rire, nous assistons à la dilution de notre ”moi” chéri dans la gaieté qui l’unit au monde et à son prochain, sans crainte et sans doutes aucuns.

Suite à une crise existentielle majeure, Adams découvrit que l’humour était tout aussi important que l’amour ou la vie. Sa passion de guérir l’a amené à faire des études de médecine. Dans sa ”clinique des sots”, il cherche à intégrer dans le concept de santé publique l’humour, l’amitié et la joie de servir son prochain. Il travaille à ce que l’avarice et la concurrence s’effacent au profit de l’empathie et de la solidarité.

En renonçant à un sérieux exagéré, l’estime et l’empathie ne se perdent pas. Bien au contraire: En vivant un état de gaieté innocent, nous nous sensibilisons pour notre prochain. Les inhibitions qui nous empêchent si souvent d’entre en relation avec l’autre de manière spontanée sont dissoutes par le rire, nous pouvons plus aisément apporter notre soutien. Le service au prochain devient joie pure.

Si tu vas chez le psychiatre et que tu lui dis que tu es heureux, il te répondra que tu réprimes ta douleur. Si tu viens vers moi et que tu me dis que tu vis dans la douleur, je te dirais: ”Tu réprimes ton bonheur!” Patch Adams

Il existe par ci et par là des philosophies et des pratiques méditatives qui connaissent et décrivent le processus de la ”dissolution de l’ego”. Dans la méditation zen par exemple, on relate que lorsque l’on s’exerce pendant des années dans la pratique du ”présent absolu”, l’identité personnelle se dissout pour ainsi dire pour faire place à une unité avec tout et tous. On dit aussi que cette expérience engendre chez ceux qui pratiquent une joie de vivre invincible. Ce phénomène s’observe chez des personnalités tels que le maître zen vietnamien Thich Nhat Hanh. D’autres maîtres spirituels issus de l’espace oriental ont parfois un rayonnement empreint de cette merveilleuse gaieté.

La tradition orientale connaît les maîtres spirituels joyeux. Ils furent nombreux à traverser le pays en riant, avec un gaieté contagieuse.


Le grondement du rire

L‘on raconte du grand maître zen Rinzai que chaque soir avant d’aller se coucher , il laissait gronder son rire qui résonnait dans tous les couloirs et que l’on pouvait entendre partout, dans tous les édifices du monastère. Et la première chose qu’il faisait le matin à l’aube lors du réveil était de partir dans un éclat de rire qui était assez puissant pour réveiller les moines du sommeil le plus lourd.

Ses disciples le questionnaient sans cesse pour connaître la raison de son rire, en vain. Et lorsqu’il mourut, il emporta avec lui le secret de son rire.

Il est intéressant de noter que ce n’est que récemment que ce genre d’histoires et ces philosophies sont portées à notre connaissance. Depuis vingt ans environ, le thème de l’humour et du rire commence à attirer l’attention du grand public, avant tout dans le contexte du rôle de l’humour dans la thérapie et de l’effet salutaire du rire.

Et pourtant, la philosophie du bonheur ne date pas de hier! Les philosophes de l’antiquité - et ils n’ont pas été les seuls - considéraient qu’atteindre le bonheur était le but ultime de l’existence. Selon eux, la philosophie était un art de vivre. La philosophie moderne s’est hélas éloignée de cette conception.

Les épicuriens et les stoïciens faisaient à une nette distinction entre ce qui relevait du libre arbitre de chacun et ce qui se situait en dehors de sa sphère d’influence. Ils développèrent une sensibilité accrue pour cette distinction et vécurent en conséquence!

Le philosophe stoïcien Epictète écrivit les lignes suivantes:

«Le plus beau et le plus important qui soit dans notre pouvoir, ce par quoi Dieu lui-même trouve son bonheur, est l’usage de nos impressions et de notre imagination. Car si nous savons tirer parti de cette possibilité à bon escient, elle nous apporte non seulement la liberté, le bonheur, la gaieté, la dignité, mais aussi le droit, la loi, la maîtrise de soi et l’habileté dans toutes ses formes. Pour ce qui est du reste cependant, Dieu ne l’a pas mis en notre pouvoir... Nous sommes dès lors appelés à nous occuper par tous les moyens concevables des choses étant en notre pouvoir. En ce qui concerne les choses qui ne relèvent pas de nous, nous devons les céder au cosmos, les remettre avec joie, qu’il exige de nous nos enfants, notre patrie, notre corps ou autre.»

Extrait de: Epiktet, Teles, Musonius «Wege zum Glück» ( Les sentiers du bonheur), Munich, p 52

Les expériences de l’auteur

L’auteur du présent article fait l’expérience du rire et de la belle gaieté depuis un certain temps et avec un enthousiasme grandissant: Avec la création de la ”Société européenne du rire” en juillet 2000 et de mon ”cabinet du rire et de l’humour” en mai 2001, j’ai pu placer de nouveaux accents et mes autres actions du rire connaissent un succès grandissant. Le public manifeste bienveillance et intérêt pour la philosophie sous-jacente et les succès rencontrés par les thérapies du rire, ainsi que par les formations dans le cadre d’institutions sociales, d’équipes de travail et d’entreprises prouve que ces réflexions ont de la substance. Le virus de la gaieté et du rire est contagieux!

Nous pouvons expérimenter cette nouvelle gaieté innocente. La méthode du ”rire libre” indique une voie à suivre pour y arriver et pour accéder ainsi à une vie heureuse.

Non des moindres, le rire décrit ici représente une méthode de relaxation très efficace. Selon des recherches scientifiques, quelques minutes d’un rire détendu induit autant de relaxation que celle que l’on peut obtenir par une demie heure de méthodes conventionnelles. Le rire réduit le stress et provoque la mise en circulation des endorphines qui provoquent le bien-être.

Ces réflexions ne sont vraiment compréhensibles que lorsque l’on pratique soi-même le rire et que l’on fait l’expérience de la gaieté décrite. C’est la raison pour laquelle je vous conseille vivement d’expérimenter le ”rire libre”, seul ou avec des amis, et de faire soi-même l’expérience des effets qui en résultent. C’est ainsi que je l’ai fait et cela a fonctionné à merveille. Pour faciliter les débuts, je vous recommande le CD ”Lach-Meditationen” (Les méditations du rire), produit à Berlin.

Roland Schutzbach
Ins (CH), juin 2004 (traduit par Marianne Wilhelm)