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Pour promouvoir rire et plaisir dans Principe: Nous formons un groupe d'une dizaine d'employés parmi le personnel de la maison de retraite afin qu'ils soient rapidement autonomes dans plusieurs styles qui amènent la bonne humeur chez les pensionnaires (humour, clown, contact physique, ludisme, yoga du rire, danse, communication empathique...)
Si l'espoir de réinsérer la vie sociale nourrit les malades des hôpitaux, il n'existe pas pour les résidants des maisons de retraite et foyers pour personnes âgées. Quand on y rentre, c’est pour y finir ses jours dans les meilleures conditions souhaitables. Dans ce contexte, le rire y est reconnu par le personnel comme facteur égayant l'atmosphère, favorisant la communication, stimulant l’organisme et ainsi prolongeant la longévité. Il peut être déclenché par un comique professionnel ou par le personnel qui aura suivi une formation continue de clown relationnel, ou plus simplement par un employé excentrique souvent considéré comme le Rigolo de la maison. Prudence cependant avec une personne du quatrième âge: les thèmes à plaisanterie et la manière de les exprimer doivent ménager la sensibilité d’une autre génération. Même si les résidants souffrent de troubles de dégénérescence, ce sont souvent des gens fiers que l'on doit, par exemple, éviter de systématiquement tutoyer. Les interactions informelles et humoristiques sont à mener avec tact et délicatesse. Il faut prendre garde à ne pas adopter des comportements "infantilisants" sous prétexte que la "clownerie" fait du bien. La priorité est de tisser un lien par l'amusement, une complicité entre deux générations. Nez en moins, chez la grande majorité
de nos anciens, le clown fait simplement plaisir en amenant une bonne
humeur salutaire sans grand moyen artistique. Que les résidants
soient grabataires, semi-conscients, qu’ils ne s’expriment
plus que par quelques mimiques ou par une main tremblante qui se décolle
à grande peine du drap, le personnage grimé apparaissant
dans la chambre focalise tous les restes de conscience, casse la boucle
de cogitation et fait vibrer d'hilarité les corps dans leur lit.
Certains pensionnaires définitivement couchés dans un
état de faiblesse avancée, iront jusqu’à
brûler l’énergie de toute une journée pour
garder leurs yeux allumés afin de suivre ce personnage flambant
de couleurs qui tombe droit du ciel, le suivre sur le chemin du rêve
amusant. Et l’effort est récompensé: ces silhouettes
usées se surprennent à souffler par saccades un vent fragile:
le 4ème
rire (nom donné par notre association en 2004).
Animation évènementielle et relationnelle Dans nos formations nous enseignons aux employés deux types d'animation:
Ces deux types d'animation sont complémentaires et s'enrichissent mutuellement. L'expérience nous a montré que pour se former au relationnel joyeux, il est préférable de d'abord se former à l'évènementiel, ce qui permet d'identifier et de libérer son "clown intérieur", ainsi que de vivre en groupe des stimulations sensorielles joyeuses et intenses. Grande liberté de mouvements et de créativité. C'est dans un second temps, après avoir appris à se connecter à ses propres ressources d'amusement, que l'employé tentera de s'adapter au plaisir de son interlocuteur, progressivement, pour infuser rire et humour dans un relationnel joyeux.
"Vous infantilisez nos résidants !" C'est une critique
qu'il était fréquent d'entendre jusqu'aux années
2000. En effet, jusqu'à il y a environ une dizaine d'années,
le personnel des maisons de retraite pensait qu'un clown grossier et
beuglant allait débouler sur nos fragiles aînés.
Malheureusement, encore aujourd'hui, le clown est victime de son image
de cirque: il a un nez rouge, il fait rire les enfants, il fait des
gags gras. Donc à éloigner des maisons de retraite. Par
contre, ces dernières années cette image traditionnelle
a perdu de la lourdeur avec l'émergence de mouvements de "clowns"
qui sont en fait des animateurs formés au comique de contact,
à la communication empathique, au relationnel joyeux et possédant
une bonne dose de psychologie. Alors si vous entendez une personne dire: "Le clown infantilise nos résidants!" posez-vous la question pourquoi cette personne n'a pas une bonne image des clowns, et à quand cela remonte-t-il? Et pourquoi cette personne ne ferrait-elle pas confiance à ce clown, pour qu'il sente de lui-même si il est bienvenu parmi les résidants?
Cette formation part du principe que dans tous les établissements réside un noyau de personnes joyeuses parmi le personnel, et qu'une formation adéquate permet à ceux-ci d'intégrer dans leur temps de travail des animations amusantes. Un groupe de joyeux lurons a davantage de chance de survivre au stress ambiant, restructurations et charges professionnelles qu'un employé agissant seul. Ainsi, aujourd'hui, le personnel des maisons de retraite peut choisir entre 3 filières de formation:
Développer son propre style pour apporter de la bonne humeur
Avec confiance et prudence … Certains résidants ou employés n’apprécient pas le clown, d’autres se sentent mal à l’aise avec l’humour verbal, d’autres encore se trouvent maladroits dans les jeux en groupe. Une façon particulière de rire peut même agacer certains et ravire d’autres. La formation qui est proposée se veut respectueuse de toutes les tendances et styles personnels. Le but est d’amener du plaisir avec tact et sensibilité dans la communication et l’aide à autrui. Approche qui favorisera l’émergence de rires détendus et partagés. Ce projet n'a pas la prétention de faire rire sur commande ou de produire des "trucs" artistiques pour mettre de la bonne humeur. Le relationnel ne se réduit pas à des techniques apprises dans des cours entre 4 murs. C’est plutôt, chez les employés, une exploration de leurs joyeuses ressources, chez les pensionnaires, une découverte de leur potentiel de rire. Un art léger dans la relation d'aide où interviennent prise de risque dans l'humour, réceptivité aux signaux corporels, pour aboutir finalement à … un savoir-communiquer surtout au milieu de la souffrance. Autant l’humour permet de faire des miracles au sein d’un travail en équipe, autant une étiquette de «comique» collée sur le front d’une personne qui s’est « un peu lâchée » est difficile à décoller: « Aaah! Regardez qui voilà! C’est le Clown qui a essayé de nous fait rire hier, hahaha!». Vous l’aurez deviné, former des personnes pour apporter du rire dans la communication et les soins est voué à l’échec si l'équipe ne collabore pas. Vouloir faire rire ou transmettre du plaisir c’est prendre un risque, se dévoiler. Certaines fois, un rien peut suffire à décourager un(e) téméraire : un mot négatif de l’entourage ou une rumeur sournoise. Le rire en institut est plus fragile qu’on le croit. Pour qu’il s’opère avec le résidant, il nécessite 3 facteurs :
En maison de retraite, là où la souffrance est quotidienne, le rire ne va pas de soi. Il faut aller le chercher au-delà de la honte, essayer de comprendre sa dynamique pour le générer plus facilement. Le faire perdurer chez le résidant aussi longtemps que la vie lui donne le souffle.
Rire contre Démence Et voici quelques beaux extraits de l’ouvrage Rire contre Démence de Natalia Tauzia, psychologue qui a fait des étonnantes découvertes chez les déments de type Alzheimer. « Le rire pour moi est un moyen, et non une finalité. Le dément, en riant, retrouve le plaisir du sens, de la représentation imagée, du fantasme élaboré collectivement. » « J’appelle cette technique groupale une expérience revitalisante, où le point de départ se trouve dans le plaisir. Plaisir à fonctionner mentalement et physiquement, à retrouver une vie fantasmatique. Ce plaisir se manifeste à travers la joie et le rire, qui prennent une certaine autonomie, en devenant moteurs de la dynamique groupale, et médiateurs au même titre que les autres psychothérapies à médiation (art, musique, relaxation…). » « Tout l’art de cette technique consiste à intéresser, donner le rire à tous sans fatiguer, énerver, lasser ou accentuer le repli démentiel. C’est en ayant une bonne connaissance du groupe formé, des personnes, que l’on arrive à trouver cet équilibre. Et c’est surtout en étant dans une grande écoute et un grand respect des moments d’éveil et de repli du groupe que l’on saura utiliser le rire au mieux. En effet, je n’imposais pas le rire, je le proposais une fois que je sentais le groupe prêt, et parfois je ne l’utilisais pas. » « Le comique est très imagé, donne libre cours à la fantaisie et aux fantasmes libidinaux, sans aucune forme de censure ou d’inhibition. Si le comique proposé par un dément n’a pas de sens, il ne doit pas être refusé, mais reformulé par l’animateur, afin de le rendre partageable. »
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