Formation au "4ème rire"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour promouvoir rire et plaisir dans
la communication et les soins en maison de retraite

Principe:

Nous formons un groupe d'une dizaine d'employés parmi le personnel de la maison de retraite afin qu'ils soient rapidement autonomes dans plusieurs styles qui amènent la bonne humeur chez les pensionnaires (humour, clown, contact physique, ludisme, yoga du rire, danse, communication empathique...)



Particularités:

  • Formation sur 14 jours étalés sur 6 mois, pour un groupe de max. 10 employés.

  • Les membres de ce groupe font intervenir rire, humour et ludisme dans leurs activités professionnelles (animations spontanées), et organisent régulièrement des interventions joyeuses dans les unités (animations évènementielles).

  • Après les 6 mois de formation, ce groupe est considéré comme autonome. Il continue toutefois d'être suivi par notre association pour la mise à jour des connaissances (nouvelles découvertes sur le rire et le relationnel joyeux).

  • Nous avons pu constater que la présence d'un groupe 4ème Rire dans une maison de retraite a pour effet de diminuer le stress et les conflits dans le personnel. Les bénéfices du rire dépassent donc largement le domaine des soins.

  • Nous sommes soutenus par la Fédération Genevoise des Etablissements Médico-sociaux (FEGEMS) qui promeut nos interventions par le biais de sa plate-forme inter-EMS (EMS: établissement médico-social).

  • Notre formation pilote a été mise au point à la maison de retraite Le Prieuré à Genève en 2004. Depuis, plusieurs dizaines d'employés en maison de retraite ont reçu une introduction au 4ème Rire par diverses filières: IES-CEFOC, les CASS, Rire au Boulot International Consulting (anciennement Ecole Suisse du Rire Relationnel), ainsi que par nos séminaires Karaclown. En 2009, la Résidence de la Rive spécialisée dans les maladies d'Alzheimer nous a mandaté pour mettre sur pied un groupe 4ème Rire pour combattre la démence sénile de type Alzheimer par le rire relationnel.

  • Etablissements dans lesquels nous sommes déjà intervenus par une formation au personnel ou une animation aux résidents: EMS Les Franchises, EMS La Châtelaine, Foyer Soubeyran, EMS Le Prieuré, Résidence Happydays, Foyer Oasis, Sesco (hôpital gériatrique), Carnaval des EMS (FEGEMS), Maison de Vessy (formation IES), Résidence de la Rive, Résidence Les Jardins du Rhône ...

  • Nous avons aussi animé des ateliers Respirire: Rire et Respiration pour Cité Séniors, ainsi que pour les maisons de retraite. Le Respirire est une pratique inspirée du yoga du rire mais plus douce et adaptée aux personnes âgées. Les efforts sur le diaphragme sont moins soutenus mais on retrouve les bénéfices du yoga du rire au niveau de la dynamique de groupe joyeuse et du rire de contagion.

  • Notre approche comique, même si elle est basée sur la joie simple et le rire "pas très intelligent", va en profondeur mais pas en lourdeur.


Comment rire dans les maisons de retraite?

Si l'espoir de réinsérer la vie sociale nourrit les malades des hôpitaux, il n'existe pas pour les résidants des maisons de retraite et foyers pour personnes âgées. Quand on y rentre, c’est pour y finir ses jours dans les meilleures conditions souhaitables. Dans ce contexte, le rire y est reconnu par le personnel comme facteur égayant l'atmosphère, favorisant la communication, stimulant l’organisme et ainsi prolongeant la longévité. Il peut être déclenché par un comique professionnel ou par le personnel qui aura suivi une formation continue de clown relationnel, ou plus simplement par un employé excentrique souvent considéré comme le Rigolo de la maison.

Prudence cependant avec une personne du quatrième âge: les thèmes à plaisanterie et la manière de les exprimer doivent ménager la sensibilité d’une autre génération. Même si les résidants souffrent de troubles de dégénérescence, ce sont souvent des gens fiers que l'on doit, par exemple, éviter de systématiquement tutoyer. Les interactions informelles et humoristiques sont à mener avec tact et délicatesse. Il faut prendre garde à ne pas adopter des comportements "infantilisants" sous prétexte que la "clownerie" fait du bien. La priorité est de tisser un lien par l'amusement, une complicité entre deux générations.

Nez en moins, chez la grande majorité de nos anciens, le clown fait simplement plaisir en amenant une bonne humeur salutaire sans grand moyen artistique. Que les résidants soient grabataires, semi-conscients, qu’ils ne s’expriment plus que par quelques mimiques ou par une main tremblante qui se décolle à grande peine du drap, le personnage grimé apparaissant dans la chambre focalise tous les restes de conscience, casse la boucle de cogitation et fait vibrer d'hilarité les corps dans leur lit. Certains pensionnaires définitivement couchés dans un état de faiblesse avancée, iront jusqu’à brûler l’énergie de toute une journée pour garder leurs yeux allumés afin de suivre ce personnage flambant de couleurs qui tombe droit du ciel, le suivre sur le chemin du rêve amusant. Et l’effort est récompensé: ces silhouettes usées se surprennent à souffler par saccades un vent fragile: le 4ème rire (nom donné par notre association en 2004).

Il existe un grand nombre de façons de faire rire. Dans les maisons de retraite, le clown relationnel a été la première méthode structurée à disposition du personnel par le biais de cours de formation continue. Cette démarche a été initiée par Christian Moffart en 1987 à Liège (association Art, Clown & Thérapie).

 

Animation évènementielle et relationnelle

Dans nos formations nous enseignons aux employés deux types d'animation:

  • Evènementiel: le personnel organise une animation colorée et joyeuse avec déguisements, danse, accessoires festifs...
  • Relationnel joyeux: dans les heures de soins ou de communication, le personnel fait intervenir spontanément humour et rire avec autrui pour alléger une situation ou dédramatiser un problème.

Ces deux types d'animation sont complémentaires et s'enrichissent mutuellement. L'expérience nous a montré que pour se former au relationnel joyeux, il est préférable de d'abord se former à l'évènementiel, ce qui permet d'identifier et de libérer son "clown intérieur", ainsi que de vivre en groupe des stimulations sensorielles joyeuses et intenses. Grande liberté de mouvements et de créativité.

C'est dans un second temps, après avoir appris à se connecter à ses propres ressources d'amusement, que l'employé tentera de s'adapter au plaisir de son interlocuteur, progressivement, pour infuser rire et humour dans un relationnel joyeux.

 

Les préjugés contre le clown

"Vous infantilisez nos résidants !" C'est une critique qu'il était fréquent d'entendre jusqu'aux années 2000. En effet, jusqu'à il y a environ une dizaine d'années, le personnel des maisons de retraite pensait qu'un clown grossier et beuglant allait débouler sur nos fragiles aînés. Malheureusement, encore aujourd'hui, le clown est victime de son image de cirque: il a un nez rouge, il fait rire les enfants, il fait des gags gras. Donc à éloigner des maisons de retraite. Par contre, ces dernières années cette image traditionnelle a perdu de la lourdeur avec l'émergence de mouvements de "clowns" qui sont en fait des animateurs formés au comique de contact, à la communication empathique, au relationnel joyeux et possédant une bonne dose de psychologie.

Mais on a continué à les appeler des clowns, faute d'un autre terme plus adéquat, car ils propagent avant tout joie, rire et chaleur humaine autour d'eux, sans prétention. Leur tenue a aussi évolué: le nez rouge n'est plus nécessaire, ni les gros accessoires ou habits en tissus épais. Ce personnage a gagné une liberté d'apparence et de style. Appelez-le comme il vous plaira: bouffon, animateur rire, saltimbanque, danseur coloré, musicien comique, employé exubérant mais réceptif... Il sait avant tout entrer en relation avec sa joie profonde, son rire primal, son innocence, son émerveillement ... c'est tout cela qui tentera de transmettre à ceux qu'il approchera.

Alors si vous entendez une personne dire: "Le clown infantilise nos résidants!" posez-vous la question pourquoi cette personne n'a pas une bonne image des clowns, et à quand cela remonte-t-il? Et pourquoi cette personne ne ferrait-elle pas confiance à ce clown, pour qu'il sente de lui-même si il est bienvenu parmi les résidants?


Des joyeux lurons potentiels existent déjà dans tous les établissements

Cette formation part du principe que dans tous les établissements réside un noyau de personnes joyeuses parmi le personnel, et qu'une formation adéquate permet à ceux-ci d'intégrer dans leur temps de travail des animations amusantes. Un groupe de joyeux lurons a davantage de chance de survivre au stress ambiant, restructurations et charges professionnelles qu'un employé agissant seul.

Ainsi, aujourd'hui, le personnel des maisons de retraite peut choisir entre 3 filières de formation:

  1. Se former à titre privé, autodidacte, dans un art qui apporte la bonne humeur (musique, théâtre, clown ...). Puis, l'employé pourra utiliser son art d'une façon amusante sans trop se prendre au sérieux. Frais à la charge de l'employé.

  2. Etre formé professionnellement en individuel par un organisme spécialisé dans le relationnel joyeux (association ou fondation). Frais pris en charge par l'employeur.

  3. Etre formé en groupe sur la place de travail par un organisme dans le but de constituer un noyau autonome dans la maison de retraite avec un planning d'animations hilarantes. Ce groupe pouvant devenir ressource de compétences pour le reste du personnel, en matière de ludisme, de communication humoristique et gestion des conflits avec humour. Il tourne en synergie avec le groupe animation. Frais de formation pris en charge par l'employeur. C'est la variante sur laquelle s'articule notre projet.

 

Développer son propre style pour apporter de la bonne humeur


Dans nos interventions en maison de retraite, nous avons fait d'intéressantes découvertes sur l'ambiance de travail:

  • Lorsqu’un employé essaye de faire rire un pensionnaire avec des "futilités", sous les yeux d'autres employés voyeurs, il prend un risque, met son image professionnelle en jeu. En outre, il peut s’exposer aux moqueries, ce qui le découragerait de continuer à favoriser la bonne humeur avec ses Bêtises Bienfaisantes. Les voyeurs doivent être encouragés à participer activement aux animations amusantes. Pas de voyeurisme, la bonne humeur est l'affaire de tous !

  • Associer le rire aux personnes du 4ème âge les rend plus attractifs vis-à-vis de l’extérieur et valorise l’image des maisons de retraite. Oui, on peut aussi s’y amuser ! Il existe un grand potentiel de vie colorée que l'on peut faire émerger d'une maison de retraite. Donc, à chatouiller !

  • A proprement parlé, il ne s’agit pas de déclencher uniquement le rire mais de façon plus générale toute expression du plaisir qui dans certains cas est à peine discernable chez la personne handicapée (mimiques positives, corporalité ouverte, respiration plus ample...).

 


Avec confiance et prudence …

Certains résidants ou employés n’apprécient pas le clown, d’autres se sentent mal à l’aise avec l’humour verbal, d’autres encore se trouvent maladroits dans les jeux en groupe. Une façon particulière de rire peut même agacer certains et ravire d’autres.

La formation qui est proposée se veut respectueuse de toutes les tendances et styles personnels. Le but est d’amener du plaisir avec tact et sensibilité dans la communication et l’aide à autrui. Approche qui favorisera l’émergence de rires détendus et partagés.

Ce projet n'a pas la prétention de faire rire sur commande ou de produire des "trucs" artistiques pour mettre de la bonne humeur. Le relationnel ne se réduit pas à des techniques apprises dans des cours entre 4 murs. C’est plutôt, chez les employés, une exploration de leurs joyeuses ressources, chez les pensionnaires, une découverte de leur potentiel de rire. Un art léger dans la relation d'aide où interviennent prise de risque dans l'humour, réceptivité aux signaux corporels, pour aboutir finalement à … un savoir-communiquer surtout au milieu de la souffrance.



Le rire en institut est fragile

Autant l’humour permet de faire des miracles au sein d’un travail en équipe, autant une étiquette de «comique» collée sur le front d’une personne qui s’est « un peu lâchée » est difficile à décoller: « Aaah! Regardez qui voilà! C’est le Clown qui a essayé de nous fait rire hier, hahaha!».

Vous l’aurez deviné, former des personnes pour apporter du rire dans la communication et les soins est voué à l’échec si l'équipe ne collabore pas.

Vouloir faire rire ou transmettre du plaisir c’est prendre un risque, se dévoiler. Certaines fois, un rien peut suffire à décourager un(e) téméraire : un mot négatif de l’entourage ou une rumeur sournoise. Le rire en institut est plus fragile qu’on le croit. Pour qu’il s’opère avec le résidant, il nécessite 3 facteurs :

  • de la part du résidant, une certaine distance par rapport à sa souffrance,
  • de la part de l’employé, un courage pour faire des bêtises bienfaisantes,
  • et de la part des autres collaborateurs, un soutien sans moquerie.

En maison de retraite, là où la souffrance est quotidienne, le rire ne va pas de soi. Il faut aller le chercher au-delà de la honte, essayer de comprendre sa dynamique pour le générer plus facilement. Le faire perdurer chez le résidant aussi longtemps que la vie lui donne le souffle.

 

Rire contre Démence

Et voici quelques beaux extraits de l’ouvrage Rire contre Démence de Natalia Tauzia, psychologue qui a fait des étonnantes découvertes chez les déments de type Alzheimer.

« Le rire pour moi est un moyen, et non une finalité. Le dément, en riant, retrouve le plaisir du sens, de la représentation imagée, du fantasme élaboré collectivement. »

« J’appelle cette technique groupale une expérience revitalisante, où le point de départ se trouve dans le plaisir. Plaisir à fonctionner mentalement et physiquement, à retrouver une vie fantasmatique. Ce plaisir se manifeste à travers la joie et le rire, qui prennent une certaine autonomie, en devenant moteurs de la dynamique groupale, et médiateurs au même titre que les autres psychothérapies à médiation (art, musique, relaxation…). »

« Tout l’art de cette technique consiste à intéresser, donner le rire à tous sans fatiguer, énerver, lasser ou accentuer le repli démentiel. C’est en ayant une bonne connaissance du groupe formé, des personnes, que l’on arrive à trouver cet équilibre. Et c’est surtout en étant dans une grande écoute et un grand respect des moments d’éveil et de repli du groupe que l’on saura utiliser le rire au mieux. En effet, je n’imposais pas le rire, je le proposais une fois que je sentais le groupe prêt, et parfois je ne l’utilisais pas. »

« Le comique est très imagé, donne libre cours à la fantaisie et aux fantasmes libidinaux, sans aucune forme de censure ou d’inhibition. Si le comique proposé par un dément n’a pas de sens, il ne doit pas être refusé, mais reformulé par l’animateur, afin de le rendre partageable. »


Documentation

Photos de notre rubrique "Maison de retraite"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Association Karaclown, Ecole de Contamines, 22 rue Michel-Chauvet, CP 1119, 1211 Genève 1, Suisse tél. (+41) (0)79 293 57 83   Plan d'accès pour nous trouver





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