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extrait de www.chablaisfamille.ch :
par Dr Nahum Frenck, Pédiatre FMH, Thérapeute de famille.
"Les adultes se prennent très au sérieux. Ils ne
jouent pas et ne vont pas au parc. Quels sont les mécanismes
de l’humour en famille ? Celui qui le pratique se soustrait momentanément
au déplaisir de l’existence ...
Nous avons tous des moments de plaisir et de déplaisir : le rire,
le jeux et l’humour ont une place et une utilité : pour
prévenir un vieillissement précoce des parents, le jeu
et le rire comme anti-croûtant ! Il agit pour déjouer les
tempêtes du quotidien et est un canevas sur lequel on tisse la
relation familiale.
La dynamique familiale est une mise en scène : il y a parfois
des moments de grande tension et l’humour y est très utile.
La période de 17h à 20h est très dure et prendre
les choses avec humour est important. Dans le théâtre de
la vie, il y a différents genre :
La comédie, la tragédie, le drame et la parodie. Souvent
les parents mettent en scène une comédie et les enfants
jouent un drame ou réciproquement.
Dans une famille il y a plein de compétences à développer
: l’estime de soi – la confiance en soi – la capacité
à dire ses droits et à reconnaître ses devoirs,
à gérer ses émotions, à négocier.
Apprendre à rire est le plus important : il faut se laisser rire
et ne pas écouter cette voie intérieure qui peut nous
dire : ne rit pas tu perds ton autorité.
L’humour : fluide, il doit couler. Il se passe dans les tripes
qui doivent lâcher quelque chose.
Il y a trois types de ah : le ah de ravissement, le aha qui est celui
de la trouvaille et le hahaha du comique. On ne peut arriver au 3ème
ahahaha sans les deux autres. Le rire doit être quelque chose
qui nous surprend. C’est l’inattendu, la trouvaille qui
va nous conduire au comique.
On ne peut pas ne pas avoir d’esprit : on lâche son esprit
ou pas, en jonglant entre la hardiesse de la conversation et la hardiesse
de l’imagination. L’esprit est une étincelle qui
va lancer l’éclair.
L’humour est une caractéristique de la maturité.
L’enfant en est incapable sinon à son insu.
L’ado connaît l’ironie mais pas l’humour. Il
faut être sûr de soi-même pour se moquer de soi-même
et prendre une de ses faiblesses comme une force.
L’humour de mauvais goût chez un adulte est un trait infantile
persistant dans l’âge adulte.
Mais l’humour n’est pas libre de danger : avec le rire,
les dangers réels ou imaginaires disparaissent.
Le lundi matin beaucoup d’enfants ont mal au ventre pour aller
à l’école : il est important de recadrer le symptôme,
de faire une mise en scène.
On peut avoir un comportement tragique : Mon chéri c’est
une appendicite
ou un comportement indifférent : Oh c’est rien du tout
ou encore un comportement tragicomique qui permet de permet de passer.
Attention à l’ironie : C’est plaisanter sur un sujet
sérieux ou présenter comme un sujet sérieux une
chose qu’on ne pense pas. C’est hypocrite et pas franc.
Ca ridiculise l’autre d’une façon blessante : c’est
une plaisanterie qui part de la tête et non des tripes : elle
comporte une part d’agressivité.
Vis à vis des enfants l’ironie engendre la violence. Elle
provoque l’envie de casser et de mordre car un enfant blessé
devient violent.
La moquerie : dérivée de l’ironie, elle désire
rabaisser l’autre, lui manquer de respect, le rendre ridicule
devant les autres en mettant l’accent sur ses faiblesses.
On pense faussement que si on se moque il va se corriger : c’est
FAUX : on le blesse et on le fait souffrir.
La réponse à la moquerie est la moquerie plus grande encore
et alors c’est l’escalade : l’effet bénéfique
d’un échange humoristique est cassé par un effet
moqueur.
Quand on entend une plaisanterie au deuxième degré : c’est
également de la moquerie et c’est alors de la violence.
L’humour n’a pas besoin d’être expliqué.
Cynisme et sarcasme : Il y a une connotation de défiance et de
bravade.
Rire : réflexe moteur produit par la contraction coordonnée
de 15 muscles. Selon la Bible, le rire fût crée par Dieu,
c’est l’homme qui lui a donné l’idée.
Isaac signifie : il rira, le messager du rire : quand Abraham apprend
qu’il enfantera un enfant à 70 ans avec sa femme de 80
ans, il éclate de rire : son fils s’appelle Isaac.
Le rire est la 1ère expression du petit enfant. Il est très
gratifiant pour la maman. Un sourire entraîne un sourire, puis
un autre, puis un autre,….Notre relation se fait de sourires que
je te donne et de sourires que je reçois. On ne peut le commander
: il s’inscrit dans une relation et dans un échange. Le
sourire marque le début du dialogue.
Attention à ne pas sacrifier l’humour et le jeu sur l’hôtel
de l’éducation : lors du repas, il se passe plus de choses
que simplement manger. Quand il y a des problèmes, on pourrait
filmer et ensuite repasser le film en famille: c’est une excellente
thérapie. On se rendrait compte qu’on peut laisser la tragédie
de coté et ne jouer que la comédie.
Le repas est aussi un acte social. Il y a différentes alternatives
: on peut faire manger les enfants avant et les inviter à table
ensuite pour parler. Ou bien on parle d’abord et ensuite on mange.
Il faut mettre du jeu dans la relation. On distille des ordres : il
faut – il faut – il faut…..l’enfant est devant,
le parent est éducateur.
Il faut éjecter le « d » du dire et le transformer
en « r » : il faut que la vie soit drôle. Quand il
y a du dire et du faire en permanence, il n’y a pas la place pour
le jeu.
Humour – amour : 2 mots qui peuvent se nourrir mutuellement.
Humour et autonomie
Capacité de pouvoir apporter à l’enfant un cadre
dans lequel il peut se mouvoir : papa et maman crée l’espace
pour que l’enfant puisse développer ses compétences.
Les ajustements entre papa et maman - ils viennent de tribus différentes
– peut se faire dans l’humour plutôt que dans l’affrontement
qui est néfaste pour le parent et pour l’enfant.
Imaginer la combinaison entre deux styles peut conduire à des
choses intéressantes. Demander aux enfants comment combiner les
deux choses, d’essayer, de mettre un peu d’huile dans les
rouages.
Ce qui est important est de travailler sur les freins que nous mettons
aux rires. Les gens qui ne rient jamais ne sont pas des gens sérieux.
Rire et autorité
Le fait de rire pour de vrai ne ronge pas l’autorité. Ce
qui ronge l’autorité est de faire de la démagogie.
Les enfants croient en ce qui est vrai. Un vrai rire renforce l’autorité,
savoir rire est fondamental. Les parents qui ne savent que donner des
ordres ne sont pas respectés à la longue par les enfants.
Tous les sentiments que l’enfant doit apprendre doivent être
perçu chez les parents. Ils ne doivent pas masquer leurs sentiments.
Savoir montrer aux enfants ce qu’on est. Si Maman dit quelque
chose et que Papa se marre, c’est de la fausse stratégie,
ce n’est pas de l’humour. La disqualification de l’autre
parent n’est pas bien.
Autorité des parents : complémentarité même
chez les parents divorcés, les enfants ont a l’esprit un
père et une mère.
Question 1 : Chez nous quand les enfants commencent à rire, ça
dégénère assez vite. Que faire ?
Pourquoi dire ça dégénère ? Pourquoi ne
pas dire c’est le Carnaval ou un moment de joie extrême
? Pourquoi faut-il arrêter ? Ne peut-on en parler à l’enfant
en le prenant à part ? Pour lui dire sérieusement : écoute,
le bus passe dans ¼ d’heure, il faudrait arrêter
le Carnaval ?
Pourquoi la joie excessive a-t-elle si mauvaise presse dans notre éducation
?
Question 2 : Parlez-nous de l’Ironie : Elle est très dangereuse
dans la dynamique familiale, avec des enfants. A ne pas utiliser avec
les enfants de moins de 17 ans. L’ironie demande une très
grande maturité, car elle est très blessante.
Question 3 : Au moment des repas les enfants font le Carnaval. Que faire
?
Le moment du repas est un moment difficile car on doit élever
les enfants. Mais il faut se dire qu’en général,
ils se tiennent plutôt bien à l’extérieur."
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